Mexique : la justice empêche une adolescente violée d'avorter

Par , publié le
International Illustration. Une femme enceinte.
Illustration. Une femme enceinte.

Un juge mexicain a requalifié un viol en délit mineur, empêchant une adolescente tombée enceinte après un viol de pratiquer une IVG.

Au Mexique, le droit à l’avortement est encadré de manière assez particulière, car il diffère selon l’État. À Mexico, l’avortement est légal sans restriction pendant les 12 premières semaines de grossesse, dans certains autres États, il est autorisé en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère et du fœtus.

Mais même en cas de viol avéré, les autorités peuvent parfois contourner la loi et empêcher une femme de mettre fin à une grossesse non désirée. C’est ce qu’a vécu une adolescente de 13 ans victime de viol dont le juge vient de refuser la demande d’IVG.

Violée, la justice refuse l’IVG

L’affaire se déroule dans l’État de Sonora au nord-est du pays, un État où l’avortement est légal en cas d’agression sexuelle. Une jeune fille de 13 ans issue d’une famille indigène a saisi la justice après être tombée enceinte à la suite d’un viol par un collègue de travail de son père en mai dernier.

La victime se rend alors devant les autorités pour dénoncer le viol et son agresseur. Un examen médical validera sa version. Lors de l’examen de sa demande d’avortement, le procureur avait lui aussi qualifié l’affaire de viol. Un viol que n’a pas reconnu le juge qui a transformé le crime en attentat à la pudeur, ce qui constitue un délit mineur et n’entre pas dans le cadre du droit à l’avortement.

Les associations montent au créneau

Regina Tamés, présidente de l’association GIRE (Groupe d’information sur le choix reproductif) qui défend l’accès à la contraception et à l’avortement s’insurge de cette décision dans le quotidien El Pais. « Elle a été victime d’une agression sexuelle et à ce titre, ce que le juge considère comme un crime ou non n’est pas pertinent. Il n’y a pas d’obstacle juridique qui empêche les autorités de la soutenir » a-t-elle déclaré, indiquant que l’association fera tout pour faire annuler cette décision pour que la jeune femme puisse pratiquer une IVG. Une démarche soutenue par le père de la jeune fille.

La question de l’avortement est particulièrement sensible au Mexique et en juin dernier, la Cour suprême avait rejeté un amendement prévoyant de supprimer les peines de cinq ans de prison prévues en cas d’avortement illégal.

Crédits photos : Shutterstock.com

Partager cet article

Pour en savoir plus