En bref
- Munich Re redoute un El Niño record en 2026
- Feux, sécheresses et pluies extrêmes sont attendus
- Plusieurs Etats ont déjà lancé des alertes
Munich Re avertit qu’un épisode El Niño d’une intensité record pourrait frapper au second semestre 2026, avec des effets attendus bien au-delà du Pacifique. Le réassureur allemand cite un risque accru de sécheresses et d’incendies en Australie, en Amérique centrale et dans certaines régions d’Afrique, tandis que des pluies records sont redoutées dans les Amériques.
Le contexte pèse déjà lourd. En France, en Espagne et plus largement en Europe, les dernières semaines ont été marquées par des feux violents et des épisodes de canicule répétés.
Une alerte mondiale pour la fin de 2026
Ce phénomène climatique correspond à un réchauffement des températures de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial. Ses effets, eux, sont mondiaux.
Pour Munich Re, le danger ne tient pas seulement à l’épisode naturel. Combiné au changement climatique d’origine humaine, El Niño a contribué à faire de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée. Et le second semestre 2026 montre déjà, selon le climatologue en chef de l’entreprise, une aggravation durable du risque de feux de forêt en Europe.
La chaleur, un risque moins visible mais déjà meurtrier
Tobias Grimm relève que les records de température se multiplient surtout pendant les épisodes de chaleur extrême, et que cette chaleur joue un rôle majeur dans le déclenchement des incendies. Il insiste aussi sur un point moins spectaculaire, mais central, la chaleur laisse moins de traces visibles qu’une tempête ou une inondation, alors qu’elle tue.
Rien qu’en Allemagne et en France, elle aurait causé environ 5 000 morts, d’après des estimations des autorités sanitaires. L’impact ne s’arrête pas là. Tobias Grimm évoque aussi un risque économique important, avec des rendements agricoles en baisse, des réseaux de transport abîmés et des interruptions d’activité.
Des Etats se préparent déjà
Face à cette perspective, Tobias Grimm juge que les Etats, les gouvernements, les assureurs et les assurés doivent investir beaucoup plus dans la prévention des risques naturels.
Sur le terrain, certains pays ont déjà bougé. Au Sri Lanka, les autorités ont demandé aux agriculteurs d’avancer les plantations de riz pour protéger les récoltes d’éventuelles inondations. Elles ont aussi appelé la population à économiser l’eau potable.
En Australie, des scientifiques ont prévenu que la Grande Barrière de Corail pourrait subir, sous l’effet d’El Niño, « un effondrement de son écosystème ». C’est l’un des signaux les plus concrets de ce qui se joue déjà, loin des seuls relevés météo.