Aux États-Unis, l’ICE veut des gants électriques, la polémique enfle

L’ICE doit recevoir des gants à impulsion électrique via un contrat public. L’outil existe déjà, mais son arrivée dans l’immigration inquiète.

Gant électrique face à un visage inquiet
Image d'illustration. Le contrat de l’ICE suscite des critiques. — ADN

En bref

  • L’ICE veut équiper ses agents de gants électriques
  • Le contrat prévoit jusqu’à 20 millions de dollars
  • Opposants et anciens responsables redoutent des abus

Entre environ 9 et 17 millions d’euros (10 à 20 millions de dollars), c’est le montant prévu pour équiper des agents de l’ICE avec des gants à impulsion électrique. Le contrat, passé avec Compliant Technologies via le ministère de la Sécurité intérieure, relance les critiques autour de cette police de l’immigration déjà très contestée aux États-Unis.

Un contrat à plusieurs millions pour un usage en intervention

Le dispositif n’a rien de théorique. Compliant Technologies, entreprise du Kentucky, montre sur son compte Instagram comment le gant s’utilise pendant une altercation physique. L’agent pose sa main sur le bras de la personne visée, qui tombe aussitôt au sol, comme sonnée.

Le ministère explique, de son côté, que l’ICE évalue en permanence les besoins de ses agents sur le terrain pour leur fournir les outils nécessaires afin de procéder en sécurité à l’arrestation et à l’expulsion d’étrangers délinquants en situation irrégulière.

Pourquoi cet équipement suscite autant d’inquiétudes

Ce qui alarme, ce n’est pas seulement l’objet. C’est aussi la main qui le tiendra. L’ICE choque régulièrement par certaines interpellations, et l’image de Liam, 5 ans, arrêté en janvier à Minneapolis avec un bonnet lapin et un sac à dos Spiderman, a marqué le débat.

Dans ce contexte, l’arrivée d’un outil permettant d’électrifier rapidement une personne jugée non coopérative fait craindre de nouveaux abus. Pas mal de critiques visent une force accusée de zèle et de manque d’expérience.

Des critiques politiques et d’anciens responsables en alerte

Le député démocrate Maxwell Frost a dénoncé sur X des agents masqués, « sans foi ni loi », et l’usage d’argent public pour des gants à impulsion électrique qu’il qualifie de douloureux.

Même réserve chez John Sandweg, ancien directeur par intérim de l’ICE sous Barack Obama. Il juge le travail des agents très difficile, mais estime inquiétant de déployer une technologie non létale sans réel investissement dans la formation. Sur MS NOW, il a dit qu’il suffisait de peu pour imaginer cet outil utilisé contre une mère qui résiste un peu parce qu’elle est séparée de son enfant.

Un outil déjà utilisé, dans une agence au budget en hausse

Ces gants ne sont pas entièrement nouveaux. Des forces de police et des agents pénitentiaires les utilisent déjà dans le pays. Le choc transmis est aussi présenté comme moins puissant qu’un Taser, le pistolet à impulsion électrique.

Mais les critiques s’ajoutent. En juillet, l’ACLU, grande association américaine de défense des libertés publiques, a indiqué avoir déposé plus de 50 plaintes pour de possibles abus d’agents de l’immigration à travers le pays. Et malgré cela, le budget de l’ICE continue d’augmenter.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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