En bref
- Trump saisit la Cour suprême
- Le chantier est bloqué depuis le 7 août
- Le projet glisse vers l’argument sécuritaire
Donald Trump a demandé à la Cour suprême de relancer les travaux de sa grande salle de bal à la Maison Blanche, aujourd’hui suspendus. Derrière ce recours, il y a plus qu’un chantier contesté, il y a aussi une bataille sur l’étendue du pouvoir présidentiel face au Congrès.
Un recours pour faire sauter l’arrêt des travaux
La démarche est portée par le ministère de la Justice, qui veut faire annuler la décision rendue le 7 août par une cour d’appel fédérale. Cette juridiction n’avait pas tranché sur le fond du projet, mais elle avait estimé que Donald Trump devait obtenir l’accord du Congrès avant d’aller plus loin.
Le président américain avait dénoncé une « honte nationale ». Son administration insiste désormais sur l’urgence à reprendre le chantier, en rappelant qu’il est déjà avancé.
D’une salle de réception à un projet sécuritaire
Au départ, Donald Trump défendait une infrastructure destinée à recevoir des dîners officiels et des dignitaires étrangers dans de meilleures conditions. Puis l’argument a changé.
Dans son recours, l’exécutif ne parle plus seulement d’un lieu de réception. Il décrit un complexe militaire intégré, avec une salle de bal entièrement sécurisée. Donald Trump met aussi en avant des systèmes de défense, notamment des drones, censés protéger l’ensemble de la capitale.
Ce glissement n’est pas anodin. Il répond au tollé provoqué par le projet, y compris dans son propre camp.
Un chantier déjà très avancé et de plus en plus coûteux
L’administration américaine affirme que les travaux sont réalisés à 65%. Elle ajoute qu’un arrêt prolongé laisserait le site exposé aux intempéries, avec un effet jugé préjudiciable sur le plan esthétique.
Côté finances, la facture annoncée a doublé. Le budget est passé d’environ 184 millions d’euros (200 millions de dollars) à près de 368 millions d’euros (400 millions de dollars). Donald Trump assure que l’ensemble serait financé par des dons privés.
Une contestation politique qui dépasse le seul bâtiment
En octobre, une aile entière de la Maison Blanche a été rasée pour lancer le projet. Cette décision a nourri les critiques de l’opposition démocrate, qui accuse Donald Trump d’agir par vanité et de gaspiller l’argent public.
Le président, ancien promoteur immobilier, a multiplié les projets de rénovation et de construction à Washington pour y laisser son empreinte. Selon le Washington Post, les travaux engagés à la Maison Blanche atteignent au moins 828 millions d’euros (900 millions de dollars). La prochaine étape se jouera donc devant la plus haute juridiction américaine.