Après sa démission, la mort de Jason Arday secoue Cambridge

L’ex-professeur de Cambridge, visé par des accusations de plagiat, a été retrouvé mort à Londres. Une enquête universitaire était en cours.

Copies annotées sur un bureau universitaire
Image d'illustration. Une enquête pour plagiat était en cours. — ADN

En bref

  • Jason Arday a été retrouvé mort à Londres
  • Il avait quitté Cambridge le 5 août
  • Une enquête visait des accusations de plagiat

Quelques jours après sa démission de l’université de Cambridge, Jason Arday, 41 ans, a été retrouvé mort vendredi après-midi à Battersea, dans le sud de Londres. La police a indiqué que le décès n’était pas considéré comme suspect.

Ancien professeur de sociologie de l’éducation, Jason Arday avait quitté ses fonctions le 5 août. En 2023, il était devenu le plus jeune professeur noir de la prestigieuse université britannique.

Une chute brutale en quelques jours

La séquence est resserrée. Après l’annonce par Cambridge de l’ouverture d’une enquête sur plusieurs accusations le visant, Jason Arday a présenté sa démission, expliquant dans une lettre diffusée en ligne qu’il s’agissait de la « seule façon » de sortir d’une période difficile.

Il précisait aussi que ce départ ne devait pas être interprété comme une validation de ce qui circulait sur lui. Dans un autre texte, il disait avoir subi bien plus qu’un désaccord académique, évoquant l’effet profond des accusations, des commentaires publics et des spéculations. Jason Arday, qui avait révélé être autiste, contestait les faits qui lui étaient reprochés.

Des accusations contestées et une enquête ouverte

Au centre de l’affaire, des accusations de plagiat portant sur certaines parties de sa thèse de doctorat. Elles ont d’abord été formulées par le chercheur américain Nathan Cofnas, lui-même renvoyé de Cambridge en 2024 après des accusations de racisme.

Le dossier a vite pris une autre dimension. Les allégations ont été reprises par des journaux britanniques de droite et par plusieurs commentateurs, qui soutenaient que Jason Arday aurait profité à tort des politiques de diversité, d’égalité et d’inclusion.

Une affaire devenue politique et publique

Après l’annonce de sa mort, les réactions ont été immédiates. Pour Andy Burnham, Premier ministre britannique selon les déclarations rapportées, c’est une « tragédie ».

La famille de Jason Arday, dans un communiqué diffusé par son éditeur Simon et Schuster, a dénoncé une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans et une désinformation devenue insupportable. Le maire de Londres, Sadiq Khan, a parlé d’une humiliation publique pernicieuse et d’un « électrochoc » nécessaire. La députée travailliste Bell Ribeiro-Addy a, elle, évoqué une « chasse aux sorcières ».

Cambridge sous pression au-delà du cas individuel

À Cambridge, la vice-chancelière Deborah Prentice avait qualifié l’affaire d’« aberration ». Elle promettait une enquête indépendante sur un dossier qui ternit la réputation de l’établissement, tout en demandant qu’il ne serve pas à discréditer d’autres universitaires issus de minorités ethniques.

Un proche de l’ancien professeur, Kehinde Andrews, spécialiste de l’histoire et de la pensée politiques noires, a raconté à la BBC que Jason Arday était profondément abattu après sa démission. Il estimait aussi que cette mort devait alerter sur la difficulté vécue par les universitaires noirs dans le monde académique.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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