En bref
- 1 700 habitants évacués en trois jours
- Le souvenir du drame de 2018 ressurgit
- Des patrouilles contre les pillages
Environ 1 700 personnes ont été évacuées depuis le lundi 3 août autour du volcan de Fuego, au Guatemala, où les autorités ont déclenché l’alerte maximale. Dans les villages proches du cratère, l’éruption ramène un souvenir précis, celui de la catastrophe de 2018.
Une évacuation rapide autour du cratère
Le volcan de Fuego, situé à 35 km au sud-ouest de Guatemala, compte parmi les plus actifs du pays, avec Pacaya et Santiaguito. Depuis le début de l’épisode éruptif, des habitants de plusieurs localités proches ont quitté leur maison pour rejoindre des abris.
Dans un refuge installé à San Juan Alotenango, municipalité maya dominée par ce volcan de 3 763 mètres, des familles attendent. Une autre zone du site accueille à elle seule quelque 360 personnes. Le mouvement a été rapide, porté par la crainte de coulées de lave, de gaz et de cendres.
Le souvenir de 2018 toujours présent
Ce qui se joue aujourd’hui ne se lit pas seulement dans les images de l’éruption. Il se lit aussi dans les mémoires. L’expulsion de lave et les colonnes de cendres ont ravivé le traumatisme de la coulée de boue du 3 juin 2018, qui avait enseveli le village de San Miguel Los Lotes.
Le bilan reste lourd, 215 morts et environ autant de disparus. Isabel Pérez, 69 ans, le dit sans détour depuis son lit de camp dans l’abri, « Il reste la peur, la peur de tout ce qui s’est passé la dernière fois ». Cette phrase résume assez bien l’atmosphère.
Dans les refuges, partir pour survivre
Avec son mari Casimiro Acajabón, 75 ans, Isabel Pérez a quitté sa maison d’El Porvenir après avoir pris peur face à l’activité du volcan. Elle résume son choix ainsi, « Avec l’eau et le feu, on ne rigole pas ».
Ailleurs dans le refuge, Joel Vásquez, 44 ans, raconte être parti dès qu’il a mesuré la violence de l’éruption. Il a évacué avec sa compagne et ses six jeunes enfants. Selon lui, les habitants savent comment le volcan frappe, avec des coulées capables de dévaler vite les pentes jusqu’aux zones habitées.
Leydy López, 24 ans, tient le même cap. Elle explique qu’on ne peut pas risquer sa vie si une occasion de partir existe, même si abandonner sa maison reste un déchirement. L’an dernier déjà, elle avait dû évacuer à deux reprises.
La peur de la lave, et celle des voleurs
Mais la menace ne vient pas seulement du volcan. Dans les abris, beaucoup disent aussi leur peur du pillage. Laisser une maison vide, parfois avec des animaux et tout ce qu’on possède, pèse presque autant que l’éruption elle-même.
En pleurs, Isabel Pérez raconte avoir laissé derrière elle ses poulets et ses poules, et redoute des intrusions. Federico Vásquez, aide-maçon de 51 ans, reconnaît qu’il a d’abord résisté au départ à cause de la valeur de ses biens matériels. Puis il a cédé, jugeant qu’attendre ne valait pas le risque d’y laisser sa vie.
Face à cette angoisse, le gouvernement a ordonné des patrouilles dans la zone touchée pour rassurer les communautés évacuées. C’est sans doute le détail le plus concret pour ceux qui espèrent rentrer vite, si le volcan le permet.