En bref
- Le Livret A doit remonter au 1er août
- Un taux autour de 1,8 % est attendu
- Le LEP pourrait aussi être relevé
Les 58 millions de Livret A totalisaient 444,6 milliards d’euros fin mai. Et ce placement, devenu moins séduisant depuis le début de l’année, devrait retrouver un peu d’air avec un taux en hausse dans les prochains jours.
Une hausse attendue dans les prochains jours
L’annonce doit intervenir d’ici la mi-juillet, avec une cible qui se précise, mercredi 15 juillet 2026, pour une entrée en vigueur au 1er août. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a confirmé sur BFMTV que les calculs étaient en cours de finalisation et que le taux du Livret A augmenterait.
Concrètement, c’est Emmanuel Moulin, nouveau gouverneur de la Banque de France et ancien secrétaire général de l’Élysée, nommé en mai, qui doit proposer un taux. Le ministre l’avalise ensuite.
Deux observateurs de l’épargne, Eric Dor de l’IESEG School of Management et Philippe Crevel du Cercle de l’épargne, convergent vers le même niveau, 1,8 %.
Pourquoi le taux repart à la hausse
Le mouvement tranche avec la séquence récente. Le Livret A était tombé à 1,5 % cette année, après avoir atteint 3 % en 2023, puis reculé progressivement à partir de 2025.
Cette remontée suit la reprise de l’inflation au printemps. Selon l’Insee, la hausse des prix a culminé à 2,4 % sur un an en mai, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Le calcul du taux dépend en partie de cette inflation, et en partie de la politique monétaire de la Banque centrale européenne.
Résultat, la hausse n’a rien d’un coup de pouce politique. Elle découle de la formule et du contexte.
Le Livret A face à l’assurance-vie
Ce relèvement arrive aussi dans un moment où l’assurance-vie a repris l’avantage. Les fonds en euros, qui garantissent eux aussi le capital, affichent une rémunération moyenne de 2,63 % brut.
Mais il faut regarder le net. Le taux du Livret A, lui, n’est pas fiscalisé. Sur les fonds euros, l’impôt peut rogner près d’un tiers du rendement selon l’ancienneté du contrat. Une fois cet écart pris en compte, la moyenne retombe autour de 1,8 %.
Les encours racontent d’ailleurs le rapport de force. D’un côté, le Livret A stagne depuis le début de 2025. De l’autre, les contrats d’assurance-vie atteignaient 2 162 milliards d’euros fin mai, soit 117 milliards de plus qu’un an plus tôt, d’après France assureurs.
Le LEP aussi dans l’attente
Le milieu de semaine doit aussi apporter une décision sur le Livret d’épargne populaire. Réservé aux ménages modestes, le LEP est aujourd’hui rémunéré à 2,5 %.
Là encore, Eric Dor et Philippe Crevel avancent deux scénarios, un maintien à 2,5 % ou une hausse jusqu’à 2,8 %. Le produit peine pourtant à décoller. Les objectifs d’ouverture portés depuis plusieurs années par la Banque de France n’ont pas été atteints, et les banques le mettent peu en avant, que ce soit en agence, sur leurs sites ou dans leurs campagnes.