En bref
- Coopérative U affiche l’empreinte carbone des achats
- Le service concerne 1.900 magasins et les courses en ligne
- D’autres enseignes testent déjà des outils proches
Si la grande distribution se met à afficher le carbone sur le ticket, ce n’est pas pour la forme. Chez Coopérative U, l’enseigne explique que 95 % de son impact carbone vient des produits vendus en magasin. Autrement dit, le vrai sujet n’est pas seulement l’éclairage d’un point de vente ou la logistique, mais ce que vous mettez dans le chariot.
Pourquoi Coopérative U met ce sujet à la caisse
Le dispositif repose sur un calcul de l’empreinte carbone des achats à partir de la base Agribalyse, développée par l’Ademe. Pauline Jacquemard, directrice de la RSE de Coopérative U, précise que le calcul prend en compte tout le cycle de vie du produit, de la production jusqu’à sa présence en rayon.
Vu comme ça, le ticket devient presque un résumé environnemental du panier. Et ce n’est pas un détail, parce que l’enseigne cherche visiblement à rendre visible un coût que le client ne voit jamais au moment de payer.
Ce que voit concrètement le client sur son ticket
Le ticket carbone a été généralisé jeudi, après un test mené dans 14 magasins. Il concerne désormais les achats en ligne et l’ensemble des 1.900 magasins de Coopérative U.
Dans la pratique, seuls les clients qui ont demandé un ticket de caisse envoyé par mail reçoivent ce détail. Ils peuvent voir le coût carbone de chaque produit acheté, qu’il s’agisse de tomates ou d’un pot de pâte à tartiner d’une grande marque.
Bon, on n’est pas face à un simple total en bas du ticket. Le principe est plus fin, produit par produit, ce qui permet de comprendre d’où vient le poids environnemental du panier.
Des conseils, mais sans consigne stricte
Le dispositif ajoute aussi des recommandations pour alléger cette note environnementale. Pauline Jacquemard insiste sur un point, ces conseils sont formulés sans injonctions.
Parmi les pistes avancées, Coopérative U cite le fait de diversifier les protéines en allant davantage vers le végétal, ou de privilégier des produits de saison et d’origine France. Résultat ? Un outil qui cherche à orienter, pas à culpabiliser.
Le mouvement dépasse déjà Coopérative U
D’autres enseignes ont déjà bougé. Depuis 2023, Carrefour affiche pour les courses en ligne l’empreinte carbone totale des achats, calculée, elle aussi, avec la méthodologie de l’Ademe. L’enseigne y ajoute le transport des produits, selon qu’il s’agit d’une livraison ou d’un retrait en drive.
Chez E.Leclerc, un autre modèle a été lancé en avril, limité aux produits de sa marque. L’enseigne parle d’un coût environnemental alimentaire qui ne se limite pas au carbone et inclut aussi, entre autres, la biodiversité et la consommation d’eau. Le calcul s’appuie sur la méthodologie PEF, recommandée par la Commission européenne.
Ce détour est important. Se focaliser sur le seul carbone peut désavantager certains produits, par exemple le bio, dont le bilan par kilo peut être plus élevé à cause de rendements plus faibles, ou encore le carton face au plastique. En gros, l’affichage environnemental entre dans les supermarchés, mais le débat sur la bonne mesure, lui, ne fait que commencer.