Livraison de repas : les livreurs décrochent enfin un meilleur filet

Uber Eats et Deliveroo ont signé un nouvel accord avec des syndicats. Revenu minimal relevé, pourboires exclus du calcul, révision annuelle prévue.

Livraison nourriture commande
Image d'illustration. Livraison nourriture commande — ADN

En bref

  • Le minimum horaire grimpe à 19 euros brut
  • Les pourboires sortent du calcul
  • Révision annuelle prévue dès l’accord

Le chiffre est net. À partir du 1ᵉʳ septembre, le revenu minimal horaire garanti aux livreurs de repas passera de 11,75 euros brut à 19 euros. Pour un secteur où chaque paramètre de calcul compte, l’écart est loin d’être symbolique.

Un plancher horaire qui change d’échelle

Vendredi, Uber Eats et Deliveroo, réunis au sein de l’Association des plateformes d’indépendants, ont signé un avenant avec deux organisations de livreurs, Union-Indépendants et la FNAE. Le texte complète un accord conclu en 2023, qui prévoyait déjà une rémunération minimale horaire.

Cette fois, la hausse est marquée. L’Arpe, l’autorité de régulation du secteur, a indiqué que le montant garanti grimperait donc à 19 euros. Pour des travailleurs indépendants qui réclamaient une revalorisation depuis des mois, c’est le point le plus visible de l’accord.

Le calcul évolue aussi, et ce n’est pas un détail

Mais l’avenant ne change pas seulement le montant affiché. Il modifie aussi la façon dont cette garantie sera appréciée. Jusqu’ici, le calcul se faisait sur une base mensuelle. Il passera à une période hebdomadaire, un mécanisme jugé plus favorable aux livreurs par l’Arpe.

Autre correction importante, les pourboires ne seront plus intégrés au calcul de la rémunération minimale. Fabian Tosolini, d’Union-Indépendants, l’a précisé. En gros, un pourboire redevient ce qu’il est censé être, un complément, pas une variable qui vient compenser un minimum garanti.

Une réponse à plusieurs années de baisse

Ce virage n’arrive pas par hasard. Les livreurs indépendants demandaient depuis un moment une revalorisation de leur plancher de revenus, sans obtenir gain de cause. Et il y avait un contexte assez clair.

Selon un rapport publié en 2025 par l’Arpe, le salaire horaire minimal avait nettement reculé entre 2021 et 2024. C’est ce décalage entre la promesse d’un minimum et la réalité du terrain qui rend cet avenant important aujourd’hui.

Santé, sécurité, inflation, le dossier reste ouvert

Le texte prévoit aussi une clause de réexamen chaque année. Et même avant, si un événement exceptionnel le justifie, comme une poussée de l’inflation ou une dégradation du pouvoir d’achat. Résultat, l’accord peut être rouvert sans attendre un nouveau cycle de négociation complet.

En parallèle, les discussions continuent sur la santé et la sécurité des livreurs, a ajouté l’Arpe. Ce point compte quand même autant que la rémunération. Parce que derrière le montant horaire, il y a une question plus large, celle du cadre social posé autour du travail sur plateforme.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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