Volotea stoppe la hausse des billets après achat, sous pression

Volotea ne peut plus modifier le prix d’un billet après paiement. La DGCCRF a jugé la pratique illégale et obtenu sa suppression.

Avion atterrissage
Image d'illustration. Avion atterrissage — ADN

En bref

  • Volotea a stoppé sa hausse post-achat
  • La DGCCRF juge la pratique interdite
  • Jusqu’à 14 euros pouvaient être ajoutés

Payer un billet d’avion, puis découvrir ensuite que son prix peut encore monter, c’est justement ce que le droit de la consommation cherche à éviter. La DGCCRF a annoncé vendredi avoir obtenu de Volotea la fin de cette pratique, jugée interdite.

Un billet acheté doit rester au même prix

Depuis la mi-mars, la compagnie low cost espagnole Volotea appliquait un dispositif présenté comme un « engagement de voyage équitable ». L’idée, sur le papier, était de faire varier le montant d’un billet déjà payé en fonction du coût du pétrole, à la hausse comme à la baisse.

Pour La DGCCRF, la règle est nette. Une fois l’achat réalisé, le prix du billet ne peut pas être réajusté ensuite. L’administration précise que la société s’est finalement mise en conformité après son intervention.

Le pétrole servait de curseur après le paiement

Le mécanisme reposait sur le cours du Brent. Si le baril descendait sous 65 dollars, soit environ 56 euros (65$), Volotea prévoyait de rembourser une partie du tarif. À l’inverse, au-dessus de 75 dollars, soit environ 65 euros (75$), un supplément pouvait être réclamé au passager.

Ce système arrivait au moment où le pétrole montait fortement dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Et au lancement de cette politique, mi-mars, le baril de Brent tournait déjà autour de 100 dollars, soit environ 86 euros (100$). Résultat, l’option d’une hausse était loin d’être théorique.

Une injonction assortie d’une sanction financière

L’affaire ne s’est pas arrêtée au seul cadre français. Début mai, la Commission européenne avait, elle aussi, indiqué que cette pratique contrevenait aux règles européennes.

Dans la foulée, le service national des enquêtes de la DGCCRF a adressé une injonction à Volotea, avec une menace claire en cas de refus d’obtempérer, une astreinte de 3.000 euros par jour de retard. La compagnie a cessé la pratique à l’issue de cette mesure.

Jusqu’à 14 euros de plus pour embarquer

Concrètement, le supplément demandé pour pouvoir s’enregistrer sur un vol déjà réservé pouvait atteindre 14 euros. C’est peu à l’échelle d’un long voyage, mais beaucoup pour un principe aussi sensible, celui du prix final affiché au moment du paiement.

Volotea indiquait de son côté que 97 % de ses clients validaient leur vol et réglaient la somme réclamée. Ce chiffre dit une chose simple, quand un départ est prévu, le voyageur paie souvent. Et c’est précisément pour cela que ce type de pratique est surveillé de près.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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