En bref
- Le comité veut freiner la hausse des pensions
- Objectif, rééquilibrer le système de retraite
- D’autres règles sont proposées après 2030
Le diagnostic est sévère. Dans son avis 2026, le Comité de suivi des retraites juge la situation du système de retraite préoccupante d’ici 2045 et même alarmante sur un horizon plus lointain. C’est dans ce cadre qu’il relance une mesure très sensible, réduire la progression des pensions par rapport à l’inflation.
Un constat jugé inquiétant jusqu’en 2045
Chargé de remettre chaque année un avis au gouvernement, le Comité de suivi des retraites, composé de cinq experts, reprend donc une recommandation déjà formulée en 2025. L’idée n’est pas nouvelle, mais elle revient avec plus de netteté au vu des projections financières.
Le comité estime que le retour à l’équilibre suppose des mesures rapides. Et pas seulement des ajustements à la marge.
La sous-indexation remise sur la table
Concrètement, les experts proposent de sous-indexer les pensions de retraite. Aujourd’hui, elles sont habituellement revalorisées en fonction de l’inflation. Le comité recommande de réduire cette revalorisation à hauteur de 2 points au moins au total jusqu’en 2030.
Dit autrement, les pensions augmenteraient moins vite que les prix. C’est la partie la plus polémique du diagnostic, parce qu’elle touche directement au pouvoir d’achat des retraités.
Ce scénario n’arrive pas de nulle part. L’hiver dernier, lors des débats budgétaires, un gel des pensions de retraite de base avait déjà été envisagé avant d’être abandonné.
Après 2030, des règles automatiques envisagées
Le Comité de suivi des retraites ajoute toutefois qu’à l’horizon 2040, la seule sous-indexation ne suffira pas. Il avance donc un cadre plus large pour le régime général.
Parmi les pistes mises sur la table, on trouve une règle d’or imposant le respect de l’équilibre financier, un coefficient de soutenabilité qui se déclencherait automatiquement si cet équilibre n’est pas atteint, ainsi qu’une trajectoire de référence pour la hausse de l’âge de cessation d’activité, votée par le Parlement.
Les experts veulent aussi un comité d’alerte chargé de vérifier chaque année le respect de cette règle d’or et de cette trajectoire. Résultat, le pilotage du système serait plus encadré et plus automatique.
Le travail et la pénibilité renvoyés au dialogue social
Sur l’âge de cessation d’activité, le comité ne s’en tient pas à une logique comptable. Il juge qu’une hausse devrait s’accompagner d’un dialogue social renforcé, à la fois dans les entreprises et dans les branches.
Les sujets visés sont connus, pénibilité et prévention de l’usure au travail. Le Comité de suivi des retraites dit attendre des orientations utiles de la conférence Travail Emploi Retraite, lancée en décembre. Une restitution est attendue à la rentrée.