Nouvelle baisse pour le Livret A et le LEP : les recommandations de la Banque de France

Image d'illustration. Gros plan d une urne opaque avec fente pour voterADN
Le rendement du Livret A et du Livret d’Épargne Populaire poursuit sa diminution, impactant l’épargne de millions de Français. La Banque de France avance de nouvelles recommandations pour adapter la rémunération de ces produits face à la conjoncture économique actuelle.
Tl;dr
- Le taux du Livret A tombera à 1,5 % début 2026.
- Le LEP reste mieux rémunéré, à 2,5 %.
- Baisse défavorable pour les épargnants, favorable au logement social.
Vers une nouvelle baisse du Livret A
D’ici février 2026, le taux du Livret A, produit d’épargne favori des Français, s’apprête à connaître une chute notable : il passerait de 1,7 % actuellement à seulement 1,5 %, si le gouvernement suit la recommandation de la Banque de France. Cette décision n’est pas encore gravée dans le marbre ; le ministre de l’Économie, Roland Lescure, doit rendre son arbitrage dans les prochaines semaines.
Des critères de calcul pénalisants
La formule qui sert à fixer ce taux combine deux éléments centraux : la politique monétaire de la BCE d’une part et l’inflation hors tabac du second semestre 2025 d’autre part. Or, cette dernière composante tire le taux vers le bas. L’inflation, selon le dernier pointage de l’Insee, plafonne à 0,8 % sur un an – un ralentissement marqué qui protège certes le pouvoir d’achat mais réduit aussi la rémunération des livrets réglementés.
La Banque de France souligne toutefois que ces nouveaux taux restent « supérieurs à l’inflation » ; ils sont même légèrement relevés par rapport au calcul strict, « pour soutenir l’épargne populaire ».
L’assurance-vie en embuscade : une désaffection croissante ?
Les Français semblent déjà détourner leur confiance du petit livret rouge. En effet, nombreux sont ceux qui se tournent désormais vers leur assurance vie. Celle-ci affiche des taux globalement stables ou parfois en hausse début 2026 — un contraste marqué avec la tendance du Livret A.
Cette désaffection profite aussi aux banques : elles valorisent davantage leurs propres produits concurrents. Quant au secteur du logement social, dont les financements sont indexés sur le taux du Livret A, il se réjouira d’emprunter moins cher.
LEP : le parent pauvre en quête de reconnaissance
En marge du débat sur le Livret A, la lumière commence enfin à se porter sur le Livret d’épargne populaire (LEP). Réservé aux ménages modestes et affichant prochainement un rendement de 2,5 %, ce placement reste pourtant sous-utilisé : seulement douze millions de livrets ouverts pour trente-et-un millions de personnes éligibles. Malgré tout, M. Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, affirme vouloir promouvoir « le vrai produit avantageux d’épargne populaire ». Les agences bancaires et leurs sites restent toutefois peu enclins à mettre en avant ce dispositif.
Pour mémoire et clarté sur les rythmes : Le taux du Livret A (et celui du LDDS) est révisé deux fois par an : mi-janvier (application au 1er février), mi-juillet (application au 1er août). Reste maintenant à voir si cette nouvelle baisse entérinera définitivement le désamour entre les Français et leur livret préféré.