Le Livret A délaissé par des épargnants lassés de son taux historiquement bas

Image d'illustration. Femme désespérée sur un documentADN
Face à la rémunération historiquement basse du Livret A, de nombreux Français délaissent ce placement traditionnel. Les chiffres récents témoignent d’un désintérêt croissant pour cette épargne, autrefois plébiscitée, mais aujourd’hui jugée peu attractive.
Tl;dr
- Le Livret A connaît des retraits records début 2024.
- Les produits d’assurance vie attirent grâce à leur rendement supérieur.
- L’inflation pourrait relever le taux du Livret A cet été.
Des retraits sans précédent sur le Livret A
Pour la première fois depuis plus d’une décennie, les épargnants français se détournent massivement du Livret A. D’après les chiffres communiqués par la Caisse des dépôts (CDC), le mois de mars s’est soldé par un retrait net de 490 millions d’euros : un record pour cette période depuis 2009. Plus frappant encore, le premier trimestre 2024 affiche une décollecte totale de 3,1 milliards d’euros. Malgré tout, l’encours global demeure considérable, avec près de 446,5 milliards d’euros répartis sur environ 58 millions de livrets.
L’érosion des taux fragilise les livrets réglementés
Difficile pour le Livret A et son « rendement » désormais fixé à 1,5 % depuis février dernier de séduire les particuliers. Même constat pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont la rémunération identique et le plafond plus bas freinent l’attrait. En mars, ces livrets n’ont quasiment pas bougé, n’enregistrant qu’une maigre collecte positive de 80 millions d’euros – ce qui porte leur total à 165,3 milliards. Cette désaffection généralisée s’explique aisément : en l’espace d’un an, la rémunération a tout simplement été divisée par deux.
L’assurance-vie tire son épingle du jeu
Dans ce contexte morose pour l’épargne réglementée, les alternatives affichent une santé éclatante. Les principaux concurrents – en tête desquels figurent les produits d’assurance-vie, distribués par les banques et compagnies d’assurances – profitent pleinement de la situation. Avec un taux moyen estimé à 2,65 %, selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), les fonds euros retrouvent des couleurs. Néanmoins, il convient de nuancer : ce taux ne prend pas en compte la fiscalité applicable aux gains alors que celui du Livret A est net d’impôt.
L’inflation relancera-t-elle l’épargne réglementée ?
Face à cette désaffection persistante, certains analystes voient déjà poindre une éclaircie. En cause : le retour marqué de l’inflation, évaluée à 1,7 % sur un an par l’Insee. Portée notamment par la flambée récente des prix pétroliers sur fond de tensions au Moyen-Orient — particulièrement en Iran — cette dynamique pourrait mécaniquement provoquer une revalorisation du taux du Livret A lors de sa révision prévue mi-juillet. Selon plusieurs observateurs du marché financier, il serait susceptible d’atteindre prochainement 1,8 %. Quant au Livret d’épargne populaire (LEP), malgré son rendement affiché à 2,5 %, il peine lui aussi à convaincre : en mars, il a enregistré un solde négatif de 120 millions d’euros.
Reste donc à savoir si l’été signera vraiment le retour en grâce des livrets réglementés auprès des ménages français…