En bref
- La Cour des comptes étrille le contrôle aérien.
- Retards et grèves restent en hausse.
- Les départs à la retraite inquiètent déjà.
La hausse des retards et des annulations remet le contrôle aérien français sous pression. Dans un rapport publié dimanche, la Cour des comptes estime que la France figure désormais parmi les opérateurs de navigation aérienne les moins performants d’Europe.
Des performances qui décrochent en Europe
Le service est assuré par la Direction des services de la navigation aérienne, la DSNA, et il est financé entièrement par les redevances payées par les compagnies aériennes. Sur le papier, le modèle est clair. Dans les faits, la Cour des comptes juge que les retards et les annulations de vols commerciaux progressent.
Ce constat n’arrive pas seul. Il s’ajoute à un autre rapport critique, publié le 23 juin par la commission des Finances du Sénat. En quelques jours, deux institutions pointent donc les mêmes fragilités du système français.
Grèves, salaires et contrôle du temps de travail
La Cour des comptes vise aussi le climat social. Malgré le protocole signé en 2024, le niveau de grèves reste élevé. Les magistrats notent en parallèle que les hausses de salaires prévues, 16 % entre 2023 et 2027, ne sont pas liées aux performances.
Autre point, plus technique mais sensible, le suivi du temps de travail. La mise en place des badgeuses est saluée parce qu’elle met fin aux « clairances », ce système illégal qui permettait à certains contrôleurs de quitter leur poste pendant les périodes de faible trafic tout en restant considérés comme en service.
Mais la Cour des comptes ne s’arrête pas là. Elle demande aussi que des sanctions soient prévues en cas d’absences injustifiées. Résultat, le rapport ne critique pas seulement les coûts, il vise aussi le fonctionnement quotidien.
Une organisation jugée trop rigide face au mur des retraites
Le rapport met enfin en cause une organisation du travail jugée trop rigide et une gestion des effectifs considérée comme défaillante. Le sujet pèse d’autant plus que 30 % des agents de la DGAC partiront à la retraite d’ici dix ans.
La recommandation la plus politique arrive à la fin. La Cour des comptes suggère de sortir le contrôle aérien du périmètre de l’État. La piste promet un débat, parce qu’elle toucherait à l’architecture même du système français, déjà contesté sur ses résultats comme sur sa préparation de l’avenir.