Carrières longues, ce que le nouveau décret change réellement

Publié début mai, le décret sur les carrières longues accorde un léger gain à certains futurs retraités. Mais l'application reste suspendue à d'autres textes.

Retraites
Image d'illustration. Retraites — ADN

En bref

  • Le décret vise 15 000 futurs retraités
  • Jusqu’à un trimestre gagné selon l’année
  • D’autres textes restent encore attendus

On attendait une clarification nette. Le décret sur les carrières longues, publié le 8 mai, apporte bien un assouplissement pour une partie des futurs retraités, mais il reste modeste et surtout incomplet. En ligne de mire, les pensions prenant effet à partir du 1ᵉʳ septembre 2026.

Le texte s’inscrit dans la loi de fin 2025 qui suspend la réforme des retraites de 2023 pour ces départs. Environ 15 000 personnes sont directement concernées, celles qui ont commencé à travailler tôt et attendaient de savoir à quel âge elles pourraient partir.

Un avantage réel, mais très mesuré

Le décret fixe le nouvel âge minimal de départ pour les assurés relevant du dispositif carrière longue, c’est-à-dire ceux qui ont validé au moins cinq trimestres avant la fin de l’année de leurs 20 ans.

Pour les personnes nées en décembre 1965, le départ passe à 60 ans et 8 mois, contre 60 ans et 9 mois dans la réforme de 2023. Le gain existe, mais il se limite à un mois.

Les générations nées entre 1966 et 1970 obtiennent un avantage un peu plus visible, avec un trimestre complet gagné sur l’âge minimal de départ. En revanche, la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension à taux plein ne bouge pas. Elle reste alignée sur celle des autres assurés, selon l’année de naissance.

Pourquoi rien n’est encore totalement verrouillé

Mais le décret ne règle pas tout. L’Assurance retraite, qui gère le régime de base des salariés du privé, explique attendre encore deux autres décrets avant de pouvoir adapter ses outils.

L’organisme indique qu’il doit d’abord mettre à jour ses systèmes informatiques. Sans ces textes complémentaires, les nouvelles règles ne peuvent pas être appliquées concrètement.

Ces décrets sont particulièrement attendus pour certaines mères de famille. Ils doivent permettre d’intégrer deux trimestres supplémentaires dans le calcul de la carrière longue, un point loin d’être secondaire pour des dossiers parfois joués à très peu.

Le calendrier se dessine, avec une consigne de prudence

Si les textes manquants paraissent bien courant mai, L’Assurance retraite prévoit ses ajustements techniques en juin. Les premières attestations carrière longue, celles qui confirmeront les nouvelles conditions de départ, pourraient ensuite être délivrées à partir de juillet.

Les dossiers pour un départ en septembre ou en octobre peuvent déjà être déposés. Leur traitement, lui, ne sera pas immédiat.

Conséquence très concrète, L’Assurance retraite recommande aux salariés de ne pas quitter leur emploi tant que leur dossier n’a pas confirmé qu’ils remplissent bien les conditions. Dans ce genre de réforme, le détail administratif change tout, et c’est souvent là que se joue la vraie date de départ.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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