En bref
- La natalité recule nettement en France
- Le système dépend des futurs actifs
- La parentalité pèse surtout sur les femmes
En 2025, 643 905 enfants sont nés en France. C’est près de 24 % de moins qu’en 2010. Derrière ce chiffre, il y a un sujet très concret, le financement futur des retraites, mais aussi un autre angle, moins visible, celui du coût professionnel supporté par les femmes quand il faut faire naître et élever les cotisants de demain.
La répartition a besoin de générations assez nombreuses
Le système de retraite par répartition fonctionne de façon simple. Les cotisations des actifs paient les pensions versées au même moment aux retraités. Les droits futurs ne reposent donc pas seulement sur ce que chacun a cotisé, mais aussi sur l’existence, plus tard, d’une génération assez nombreuse pour prendre le relais.
Or la dynamique démographique se tasse. L’Insee relève qu’en 2025, l’indicateur conjoncturel de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Cette baisse ne crée pas un déficit immédiat, puisque les nouveau-nés d’aujourd’hui ne travailleront que dans plusieurs décennies. Mais à long terme, elle augmente la pression sur l’équilibre du système.
Le ministre de l’Économie veut d’ailleurs mettre fin à ce modèle par répartition.
Un coût collectif, mais une facture professionnelle inégale
Avoir des enfants ne relève pas seulement de la vie privée. C’est aussi une contribution au renouvellement des générations qui financeront demain les pensions. Sauf que ce travail prend du temps, mobilise des ressources et reste, dans les faits, inégalement réparti.
Grossesse, congé maternité, congé parental, réduction du temps de travail, passage à temps partiel, les effets se concentrent encore largement sur les femmes. Et c’est là que le débat démographique rejoint celui des inégalités de retraite. Le bénéfice est collectif, le coût professionnel, lui, reste souvent individuel.
Pourquoi l’écart se retrouve à la retraite
Résultat, les carrières féminines sont plus souvent hachées. La DREES note d’ailleurs que les femmes recourent beaucoup plus que les hommes aux dispositifs de solidarité liés aux enfants, ce qui reflète à la fois cette réalité et la tentative de la corriger.
L’effet se lit ensuite dans les pensions. Fin 2024, toujours selon la DREES, la pension moyenne de droit direct des femmes vivant en France restait inférieure de 36 % à celle des hommes. Les enfants n’expliquent pas tout, bien sûr. Les salaires plus faibles, les carrières plus courtes et le temps partiel comptent aussi. Mais la parentalité peut accentuer durablement l’écart, rappelle Les Échos.
Des correctifs existent, sans effacer le décalage
Le système français prévoit des compensations. Dans le régime général, une mère peut obtenir des majorations de durée d’assurance au titre de la maternité et de l’éducation des enfants. Selon les cas, chaque enfant ouvre droit à plusieurs trimestres supplémentaires.
Ces mécanismes ont un effet réel. La DREES estime que trois femmes sur quatre bénéficiant de ces majorations voient leur pension augmenter. Mais cela corrige une partie du choc, pas l’ensemble des écarts accumulés pendant la vie active. Et c’est sans doute là que le sujet devient plus large que la seule retraite, il touche à la façon dont une société répartit, ou non, le coût de sa propre continuité.