Fonction publique, ces primes qui gonflent le salaire mais pas la retraite

Les primes pèsent désormais un quart du revenu des agents publics. Problème, elles comptent peu ou pas pour la retraite et creusent l’écart.

Femme consulte des papiers de retraite
Image d'illustration. Des changements visent la retraite des mères. — ADN

En bref

  • Les primes pèsent 25% du salaire public
  • Elles comptent peu pour la retraite
  • Plusieurs dispositifs pourraient être revus

Pour pas mal d’agents publics, le vrai choc n’arrive pas sur la fiche de paie, mais au moment de la retraite. Aujourd’hui, les primes gonflent le revenu mensuel. Demain, elles ne suivent pas, ou très peu, dans le calcul de la pension.

C’est le nœud du problème pointé par un récent rapport des inspections financières et administratives. Les indemnités versées aux fonctionnaires ont fortement progressé en une décennie et représentent désormais environ un quart de la rémunération globale. Or ces sommes, même quand elles sont régulières, n’ouvrent pas de nouveaux droits à la retraite de base.

Un quart du salaire, mais un angle mort au départ

Dans les ministères comme dans les collectivités, la part indemnitaire est passée de 20% à 25% du revenu total. Et pour certains titulaires, elle pèse beaucoup plus lourd encore, entre 15% et 40% de l’ensemble.

Sur le moment, cela améliore le niveau de vie. Mais à la fin de carrière, l’écart devient brutal. Le calcul de la retraite ne reprend pas ces montants comme le traitement de base, ce qui crée un manque à gagner durable. Service-Public rappelle d’ailleurs qu’un plafond limite la prise en compte à 20% du montant du traitement indiciaire brut.

Résultat, plus un agent dépend de ses primes, plus la baisse de revenus au départ peut être forte.

Des dispositifs jugés trop complexes ou peu efficaces

Le rapport ne s’arrête pas au seul sujet des pensions. Il vise aussi l’architecture même du système, jugé trop coûteux et trop morcelé. Les inspections recommandent de rationaliser et d’homogénéiser l’ensemble.

Même si le nombre de bonus a reculé, la dépense totale reste élevée. Quatre dispositifs ont été identifiés comme particulièrement discutables dans leur efficacité. Sont notamment cités les forfaits liés au télétravail, ceux associés aux mobilités durables, ainsi que l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG.

L’idée est simple, en gros. Quand une prime mobilise beaucoup de gestion pour un effet limité, l’administration considère qu’il faut la revoir.

Le tri entre économies et primes utiles

Première piste, supprimer les indemnités obsolètes ou de très faible montant. Certaines ne concernent plus qu’un nombre réduit d’agents, alors que leur traitement administratif continue de coûter. Les inspections proposent même qu’une mesure dépassée disparaisse automatiquement lors de la création d’un nouveau dispositif.

Autre point sensible, les frais de résidence à l’étranger. Selon le rapport, leur coût a bondi de 19% en quatre ans. Dans certains cas, le montant versé irait au-delà de la simple compensation des charges supplémentaires. Capital rapporte que les inspecteurs demandent un plafonnement plus strict.

Mais tout n’est pas appelé à disparaître. Le rapport admet aussi que certaines primes ont une utilité claire, quand elles aident à attirer des profils qualifiés ou à rendre un poste plus attractif dans une zone donnée. C’est là que le débat va se jouer, entre nettoyage budgétaire et maintien des bonus jugés vraiment utiles, avec un impact direct sur la façon dont la fonction publique rémunère et fidélise ses agents.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Fonctionnaires Prime et Aides Retraite

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.