En bref
- Des prêts sécheresse sont à l’étude
- Le montant global sera fixé fin août
- La grande distribution est aussi sollicitée
Quand une exploitation ne peut plus racheter des semences, du fourrage ou d’autres intrants, le problème n’est plus seulement agricole. Il devient financier, tout de suite. C’est sur ce point que le gouvernement travaille désormais, avec l’idée de nouveaux prêts pour aider les exploitants frappés par la sécheresse.
L’argent manque avant même la prochaine récolte
Sur RMC, Annie Genevard a expliqué réfléchir à un prêt sécheresse pour permettre aux agriculteurs qui ont perdu leur production de tenir jusqu’aux prochaines récoltes. Le ministère de l’Agriculture a précisé à AFP que ces prêts pourraient être garantis par l’État ou bonifiés.
L’objectif est simple. Redonner un peu d’oxygène à des trésoreries qui ne permettent plus de relancer une production après les pertes.
Le plan d’aide n’est pas encore chiffré
Le cadre existe, mais pas encore le montant global. L’exécutif avait annoncé un plan d’aide le 5 août, sans en fixer le calibrage définitif.
Annie Genevard a indiqué que ce chiffrage devrait attendre le 27 août, date d’une réunion avec les préfets. Ils doivent faire remonter une estimation plus précise des dégâts, alors que toutes les récoltes ne sont pas terminées. La ministre a aussi assuré que l’État tiendrait son rôle de solidarité nationale.
Et le gouvernement regarde déjà plus loin, avec de possibles mesures fiscales dans le budget 2027.
Assurances, charges et foncier dans la boîte à outils
Les prêts ne sont qu’un étage du dispositif. L’État prévoit aussi de renforcer l’indemnité de solidarité nationale pour les exploitants non couverts par les assurances classiques.
Les sommes destinées aux assurances pourraient atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. S’ajoutent une prise en charge des cotisations sociales et un dégrèvement de taxe foncière. Le week-end dernier, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, estimait que la sécheresse et les canicules appelleraient des milliards d’euros d’aides, notamment pour les agriculteurs qui doivent semer du colza dans des sols trop secs.
La distribution poussée à desserrer ses critères
Le gouvernement ne regarde pas seulement les aides publiques. Annie Genevard demande aussi à la grande distribution d’accepter des fruits et légumes au calibre ou à l’aspect un peu différents, de mieux payer les producteurs et de privilégier l’origine France.
Carrefour a annoncé vendredi un plan d’urgence. Avec Coopérative U, l’enseigne prévoit d’assouplir les critères d’aspect et de taille, tout en réduisant les délais de paiement de 30 à 15 jours.
Pas de flambée générale des prix annoncée
Sur RMC, la ministre a aussi voulu rassurer sur les rayons. Selon elle, il n’y a pas de hausse générale des prix alimentaires, à part peut-être sur la salade en sachet. Elle estime aussi que la revalorisation payée au producteur ne sera pas forcément répercutée par la grande distribution.
Le sujet, quand même, dépasse le ticket de caisse. La France traverse une sécheresse précoce et sévère, après un printemps peu arrosé et plusieurs épisodes de canicule. Pour l’agriculture, le vrai test arrive maintenant, sur la capacité à redémarrer les prochaines productions.