En bref
- Les aides carburants vont être prolongées
- Les guichets de demande restent ouverts
- Les stations indépendantes disent souffrir davantage
Ce lundi devait marquer la fin des aides sectorielles liées à la flambée des prix des carburants. Ce ne sera finalement pas le cas. Le gouvernement assure que les dispositifs resteront accessibles pour les secteurs les plus exposés.
Une fin annoncée, puis un revirement
Sur BFMTV et RMC, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a affirmé que l’exécutif voulait poursuivre ces aides ciblées. Elle a assuré que personne ne serait laissé de côté et que les aides ne seraient pas suspendues, alors même que leur échéance tombait ce lundi.
Le signal compte, parce qu’il arrive dans un moment de tension persistante sur le carburant. Quand le soutien public s’arrête brutalement, ce sont d’abord les acteurs les plus fragiles qui encaissent le choc.
Des modalités encore floues
Pour l’instant, le gouvernement ne donne ni calendrier précis ni format détaillé de cette prolongation. Maud Bregeon explique que son ampleur et sa durée seront précisées dans les prochains jours, après de nouvelles discussions avec les filières concernées.
Un point, en revanche, est déjà posé. Les entreprises en difficulté pourront continuer à déposer des demandes dans les semaines à venir. Les portails ne fermeront pas, pas plus que les guichets. En gros, la mécanique administrative reste ouverte, même si le cadre exact de la suite n’est pas encore verrouillé.
Les stations indépendantes sous pression
Du côté des professionnels, l’alerte porte surtout sur les stations qui ne bénéficient pas du même levier tarifaire que TotalEnergies. Sur RMC, Francis Pousse, président de la branche stations-service du réseau Mobilians, a indiqué que depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les stations de son réseau hors TotalEnergies enregistraient des baisses de volume allant de 20 % à 40 %, d’après des sondages menés auprès des adhérents.
Ce chiffre dit quelque chose de simple. Le sujet n’est pas seulement le prix payé par l’automobiliste, mais aussi la répartition de la clientèle entre réseaux.
Le plafond de TotalEnergies pèse dans l’équation
Francis Pousse a rappelé qu’une station sur deux au sein du réseau Mobilians fonctionne sous pavillon TotalEnergies. Dans ces points de vente, l’essence est plafonnée à 1,99 euro le litre, contre 2,25 euros pour le diesel.
Samedi, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a indiqué que ce plafonnement serait maintenu tant que durerait le conflit au Moyen-Orient. Mais il a aussi prévenu qu’il pourrait y mettre fin si une taxe sur les superprofits des groupes énergétiques, défendue dans certains pays européens, voyait le jour.
Résultat, l’État tente de garder un filet de sécurité pendant qu’une partie du marché continue de dépendre à la fois du conflit régional, des arbitrages politiques et des stratégies commerciales des grands groupes.