En bref
- Xavier Niel a déposé une offre
- Le liquidateur a retenu son projet
- La rédaction serait intégralement reprise
L’avenir de 60 Millions de consommateurs se joue maintenant. Après la décision de liquider l’Institut national de la consommation, l’Etat cherche un repreneur pour ce mensuel bien installé dans le paysage français, et c’est l’offre de Xavier Niel qui apparaît aujourd’hui la mieux placée.
Un mensuel historique cherche un nouveau propriétaire
Le dossier part d’une décision budgétaire. La loi de finances a acté la mise en liquidation de l’INC, organisme public qui édite le magazine, sur fond de situation financière dégradée. Dans la foulée, la cession éventuelle du titre à un acteur privé a été prévue.
Un décret publié fin mars a fixé le cadre. Il prévoyait la nomination d’un liquidateur pour neuf mois, avec un délai supplémentaire de trois mois pour trouver un repreneur. Ce calendrier explique pourquoi le processus s’accélère maintenant.
L’offre de Xavier Niel tient la corde
Trois candidatures ont été reçues, d’après des personnes proches du dossier. Parmi elles, celle de Xavier Niel, portée par sa holding NJJ Médias, et celle de Que Choisir Ensemble, ex-UFC Que Choisir, qui publie un magazine concurrent.
Le projet du fondateur d’Iliad et de Free a été retenu par le liquidateur. La Lettre indique aussi que cette offre a été choisie dans le cadre du processus lancé par le ministre du Commerce, Serge Papin. Elle doit être présentée mercredi aux salariés lors d’un CSE.
Sur l’emploi, le plan est précis. Il prévoit la reprise de 29 postes, avec l’ensemble de la rédaction conservé. En parallèle, une vingtaine de suppressions de postes toucheraient les services support. C’est le point le plus sensible du dossier.
Un dossier sensible dans le paysage des médias
Le nom de Xavier Niel n’arrive pas ici par hasard. L’entrepreneur a déjà investi dans plusieurs médias, notamment Nice-Matin. Il a aussi financé la création de L’Informé en 2022.
Et son parcours récent montre une stratégie moins simple qu’une accumulation de titres. En 2024, il a cédé la quasi-totalité de ses parts dans Le Monde à un Fonds pour l’indépendance de la presse.
Des comptes redressés, mais un cadre public abandonné
Le contraste est net. Alors que la vente s’explique officiellement par les difficultés de l’INC, les comptes s’étaient améliorés en 2025. Selon le syndicaliste Lionel Maugain, l’établissement est revenu dans le vert avec un bénéfice de 236.000 euros, après un déficit de 719.000 euros en 2024.
Le magazine conserve aussi une base solide, avec plus de 71.000 abonnés en 2025 et environ 20.000 ventes en kiosque par numéro. Créé en 1966, l’INC avait pris le statut d’EPIC en 1990. Ce qui se joue ici dépasse donc une simple cession, c’est aussi la place qu’on laisse encore aux titres publics d’information pratique.