En bref
- Linky mesure, il ne crée pas d’électricité
- Les veilles et appareils branchés restent visibles
- Les index réels remplacent parfois des estimations
Le point qui trouble beaucoup de foyers tient en peu de mots, tout paraît éteint, et pourtant le compteur tourne. Avec Linky, cette impression devient plus nette parce que le compteur mesure plus précisément ce qui est réellement consommé dans le logement, y compris les usages discrets qui passent d’ordinaire sous le radar.
Quand le logement semble éteint, la consommation continue
Non, Linky ne produit pas d’électricité. Il ne change ni le fonctionnement des appareils, ni le prix du kilowattheure prévu par votre contrat. En revanche, il enregistre la consommation réelle, y compris ce fond permanent que l’on appelle le « talon de consommation ».
C’est souvent là que se niche le malentendu. Un téléviseur coupé à la télécommande, une box, un équipement laissé branché jour et nuit, tout cela continue parfois de tirer quelques watts. Pris séparément, cela semble minime. Mis bout à bout sur 24 heures, tous les jours, l’effet finit par se voir sur la facture.
Une facture plus haute peut venir d’un simple rattrapage
Autre explication, très concrète, le passage d’une facturation estimée à une facturation sur index relevés. Avant le compteur communicant, le fournisseur pouvait calculer les mensualités à partir d’un historique ou d’un profil moyen, puis corriger plus tard lors d’un relevé réel.
Avec Linky, les index sont transmis et la facture colle davantage aux usages effectifs. Une hausse juste après l’installation ne prouve donc pas qu’une dépense nouvelle est apparue. Elle peut simplement correspondre à une consommation déjà réalisée, mais auparavant sous-estimée.
Les équipements les moins visibles sont souvent les plus réguliers
L’Ademe rappelle que la coupure des veilles peut permettre d’économiser jusqu’à 15 % de la facture d’électricité, hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 euros par an. Le chiffre dit quelque chose d’assez simple, la petite consommation répétée finit par peser.
Parmi les appareils à surveiller, une box internet alimentée en continu consomme en moyenne 92 kWh par an, selon le panel Elecdom de l’Ademe. Il faut aussi regarder du côté d’un vieux réfrigérateur d’appoint, d’un congélateur mal entretenu, d’un radiateur laissé en mode hors-gel, ou d’un chauffe-eau qui se déclenche en heures pleines si le système heures creuses est mal piloté.
Comment vérifier si la hausse est réelle et d’où elle vient
Premier réflexe, comparer les index affichés avec ceux des factures. Le Médiateur national de l’énergie recommande de s’appuyer sur les relevés réels, pas sur les estimations, pour analyser une consommation anormalement élevée. Sur Linky, les boutons « + » et « – » permettent de faire défiler les informations utiles.
Vous pouvez noter ces chiffres à quelques jours d’intervalle, à la même heure, pour suivre l’évolution. L’autre méthode consiste à relever la puissance instantanée, puis à débrancher un appareil ou couper une multiprise, comme l’explique 20 Minutes, et voir si la valeur baisse. Il ne faut évidemment pas débrancher un réfrigérateur, un congélateur ou un appareil médical.
Enfin, les multiprises à interrupteur aident à couper plusieurs veilles d’un geste, et l’espace client d’Enedis permet, avec l’accord de l’usager, de consulter une courbe de consommation détaillée. C’est là que le sujet devient important, Linky ne change pas la consommation, mais il rend beaucoup plus visible la part d’électricité qui s’installe dans le quotidien sans qu’on la remarque.