En bref
- Le Livret A couvrira 60 % des EPR2
- EDF vise une décision finale avant fin 2026
- Le premier réacteur est attendu pour 2038
Une partie de l’épargne placée sur le Livret A va donc servir à financer la relance du nucléaire français. C’est le choix arrêté jeudi 12 mars 2026 lors du Conseil de politique nucléaire réuni à Penly, en Seine-Maritime, avec une clé de répartition très nette, 60 % du programme EPR2 passera par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts.
L’épargne populaire mise au service des futurs réacteurs
Le signal est fort, parce qu’il touche un placement largement utilisé par les Français. En mobilisant le Livret A, l’exécutif ancre le financement du programme dans l’épargne nationale, ce qui change l’échelle du débat. On ne parle plus seulement d’un projet industriel, mais d’un choix de financement très concret.
L’annonce était attendue depuis plusieurs mois. Elle acte que la relance de l’atome ne reposera pas uniquement sur EDF ou sur l’État, mais aussi sur cet outil d’épargne réglementée via la Caisse des dépôts.
Six EPR2, trois sites et une échéance déjà fixée
Le programme prévoit la construction de six réacteurs de nouvelle génération. Ils seront répartis entre Gravelines, Penly et le Bugey.
Le calendrier, lui, est déjà posé. La première mise en service est visée pour 2038. Avant cela, EDF doit prendre sa décision finale d’investissement d’ici la fin 2026. C’est rapide, quand même, vu l’ampleur technique du dossier.
Un dossier encore suspendu aux discussions européennes
Mais cette séquence politique ne règle pas tout. L’État et EDF doivent encore boucler leurs échanges avec la Commission européenne, un passage obligé à la fois sur le terrain réglementaire et sur le montage financier.
En gros, l’annonce donne une direction, pas la totalité du mode d’emploi. Tant que ces discussions ne sont pas finalisées, le programme garde une part d’incertitude administrative.
Des coûts sous surveillance dans un chantier jugé stratégique
Le chiffrage reste un point central. Un audit récent a fixé à 72,8 milliards d’euros, en valeur 2020, l’objectif de maîtrise des coûts de construction pour l’ensemble du programme. Dit autrement, la relance est assumée, mais elle avance sous contrôle budgétaire serré.
Sur place, Emmanuel Macron a défendu ce cap en liant directement l’atome à la politique industrielle du pays. Pour le chef de l’État, « On n’arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire ». Il a aussi présenté cette relance comme le chantier du siècle.
Ce qui se joue ici dépasse donc la seule production d’électricité. Il s’agit aussi, pour l’exécutif, d’associer indépendance énergétique, climat et place de l’industrie française dans les années à venir.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi le Livret A peut-il financer un tel programme ?
Une partie des sommes déposées sur le Livret A est centralisée et gérée via le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts. C’est ce mécanisme qui permet d’orienter de l’argent vers de grands projets décidés par les pouvoirs publics.
Que signifie exactement EPR2 ?
Le terme désigne une nouvelle génération de réacteurs nucléaires que la France veut construire pour renouveler son parc. Dans ce dossier, il est question de six unités, réparties sur trois sites déjà identifiés.
La décision est-elle définitivement bouclée ?
Pas complètement. L’arbitrage politique est posé, mais il reste des échanges à finaliser entre l’État, EDF et la Commission européenne. C’est un point important, car il conditionne la suite du calendrier et du financement.
Pourquoi 2038 est-il une date clé ?
C’est l’échéance avancée pour la première mise en service d’un réacteur du programme. Elle donne une idée du temps long propre au nucléaire, entre décision d’investissement, validation réglementaire et construction effective.