En bref
- Le taux du Livret A va remonter mi-juillet
- Le nouveau niveau n’est pas encore connu
- Les retraits dépassent les dépôts depuis cinq mois
Le paradoxe est là. Le Livret A reste l’un des placements les plus répandus en France, mais les épargnants y laissent moins d’argent qu’avant. Dans ce contexte, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé qu’une hausse du taux interviendrait à la mi-juillet.
Un placement très utilisé, mais moins alimenté
Depuis février, le Livret A rapporte 1,5 %, un niveau jugé faible par beaucoup d’épargnants. Résultat, les retraits ont dépassé les dépôts pendant cinq mois d’affilée.
En mai, l’encours de l’épargne réglementée a ainsi reculé de 630 millions d’euros. Ce mouvement ne dit pas que le produit est déserté. Il montre plutôt qu’avec un taux bas, une partie des ménages préfère reprendre la main sur son argent. Et pourtant, la masse déposée reste considérable, avec 444,6 milliards d’euros répartis sur environ 58 millions de Livrets A.
Une hausse annoncée, sans chiffre pour l’instant
L’annonce, elle, est claire sur un point et floue sur un autre. Roland Lescure a indiqué dans La Provence que le taux « va augmenter » à la mi-juillet. Mais il n’a pas donné le futur pourcentage.
Interrogé plus tard sur BFMTV, le ministre a expliqué que les calculs étaient en cours de finalisation. En gros, la direction est connue, pas le niveau exact. Pour les détenteurs d’un Livret A, c’est la différence entre un simple signal politique et une amélioration concrète du rendement.
L’inflation reste le vrai juge de paix
Ce taux n’est pas fixé au hasard. Il dépend notamment de l’inflation, c’est-à-dire de la hausse générale des prix. Sur la première moitié de 2026, le rendement net du Livret A, une fois l’inflation déduite, reste positif.
Mais pour la deuxième moitié de l’année, tout dépendra du taux finalement retenu par Roland Lescure et par le nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. En mai, l’inflation en France a atteint 2,4 % sur un an. Cette accélération s’explique par la hausse des prix de l’énergie, elle-même liée à la guerre au Moyen-Orient.
C’est là que l’annonce prend de l’importance. Un relèvement du taux ne sert pas seulement à rendre le Livret A plus attractif. Il conditionne aussi la capacité de ce placement à protéger, au moins un peu, l’épargne des ménages face au retour de la hausse des prix.