En bref
- Le Livret A devrait remonter en août
- Le LEP pourrait pourtant reculer
- Le gouvernement tranchera dans les prochains jours
Pour des millions de Français, la vraie question n’est pas seulement le niveau du Livret A. C’est aussi de savoir si le LEP, pensé pour les ménages modestes, va perdre une partie de son intérêt au 1ᵉʳ août 2026.
Aujourd’hui, le Livret d’épargne populaire affiche un taux de 2,50 % net d’impôts et de prélèvements sociaux. Le Livret A, lui, est à 1,50 % depuis le 1ᵉʳ février 2026. Lors de la prochaine révision semestrielle, le second devrait remonter à 1,70 %, voire 1,80 %. Et c’est là que le dossier se complique, le taux théorique du premier pourrait au contraire retomber à 2,20 % ou 2,30 %, selon l’arbitrage final du gouvernement.
Une révision très attendue pour des millions d’épargnants
Le contraste est assez net. Un livret généraliste qui remonte, un produit réservé à l’épargne populaire qui pourrait baisser. Pour les détenteurs du LEP, la nouvelle serait forcément mal accueillie.
Ce placement reste plus rémunérateur que le Livret A, mais l’écart pourrait se réduire. Son plafond est fixé à 10 000 euros, quand celui du Livret A atteint 22 950 euros. Autrement dit, le rendement compte d’autant plus pour ceux qui l’utilisent comme matelas de sécurité.
Pourquoi le LEP peut baisser alors que le Livret A monte
La mécanique passe par les règles de calcul suivies par la Banque de France, avant décision des pouvoirs publics. La hausse attendue du Livret A vient de la reprise de l’inflation. Pour le LEP, le calcul est plus particulier.
Son taux correspond au niveau le plus élevé entre deux repères, l’inflation moyenne du semestre précédent, ou le taux du Livret A augmenté de 0,5 point. Pour la révision du 1ᵉʳ août, c’est cette deuxième voie qui devrait s’imposer. Avec un Livret A à 1,70 %, le LEP tomberait ainsi à 2,20 % si la formule était appliquée strictement.
Le précédent du gouvernement change toute la lecture
Mais il y a un précédent. Lors de la dernière révision, le gouvernement avait choisi de garder un écart de 1 point entre les deux livrets, en s’éloignant de la règle du demi-point pour soutenir le LEP.
C’est ce choix passé qui rend la baisse possible aujourd’hui, alors même que le Livret A grimpe. Le LEP avait déjà été abaissé de 2,70 % à 2,50 % en février dernier.
Entre baisse, statu quo et hausse, trois scénarios restent possibles
Sur la table, il y a donc trois issues. Une baisse de 0,20 % à 0,30 %, d’abord. Elle paraît peu probable dans un contexte où l’exécutif cherche à ménager le pouvoir d’achat.
L’option jugée la plus plausible reste un maintien à 2,50 %. Pour y arriver, le gouvernement pourrait ajuster l’écart avec le Livret A à 0,70 ou 0,80 point. Et un dernier scénario existe, plus favorable mais moins probable, garder 1 point d’écart. Dans ce cas, le taux du LEP pourrait même remonter à 2,70 % ou 2,80 %.
La décision officielle est attendue dans les prochains jours. Et derrière un sujet très technique, on parle quand même d’un signal plus large sur la manière dont l’État choisit de protéger, ou non, l’épargne populaire.