En bref
- La FF3C attaque le plafonnement de TotalEnergies
- Des stations rurales évoquent jusqu’à 40 % de ventes en moins
- Le dispositif reste actif dans 1.200 stations en juillet
Des stations-service rurales disent perdre une part massive de leurs clients depuis le plafonnement des prix mis en place par TotalEnergies. Pour les indépendants, le sujet n’est plus seulement commercial. Il devient juridique.
Dans les campagnes, les petites stations disent décrocher
L’alerte vient de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, la FF3C, qui représente environ 1.000 stations-service indépendantes. Son constat est simple, les petites structures voient les automobilistes se détourner d’elles au profit des grands réseaux capables d’afficher des tarifs bloqués.
Selon Frédéric Plan, conseiller national de la fédération, l’effet est particulièrement brutal dans les territoires ruraux. Certaines stations enregistreraient une baisse de leurs volumes de carburant de 40 % sur plusieurs mois. Résultat, leur existence même peut être fragilisée.
Pourquoi la fédération passe à l’offensive
D’ici à la fin de la semaine, la FF3C doit lancer une action officielle auprès de l’Autorité de la concurrence. L’organisation veut faire reconnaître ce qu’elle considère comme une distorsion de concurrence majeure créée par le blocage des prix à la pompe.
Ce bras de fer ne date pas d’hier. La fédération s’était déjà montrée très critique en mai. Cette fois, elle passe à l’étape suivante, en contestant formellement un dispositif qu’elle juge destructeur pour le commerce de proximité.
Le plafonnement de TotalEnergies repose sur un avantage que les autres n’ont pas
Pour les indépendants, le problème ne vient pas de la gestion des stations elles-mêmes. Leur argument est plus structurel. La capacité de TotalEnergies à absorber ces rabais tiendrait à ses activités de production pétrolière, pas aux marges de distribution, jugées trop faibles dans l’ensemble du secteur pour soutenir un tel effort.
Le groupe avait mis en place ce plafonnement après la flambée des cours du pétrole déclenchée par le début de la guerre au Moyen-Orient. En juin, son PDG Patrick Pouyanné avait évalué le coût total de la mesure à 200 millions d’euros pour l’entreprise.
Et le mécanisme n’a pas disparu. En juillet, il reste appliqué dans près d’un tiers du réseau national de TotalEnergies, soit 1.200 stations-service, situées en zone rurale. Derrière ce dossier, il y a donc plus qu’une querelle de prix. C’est aussi la question de l’équilibre entre grands groupes et stations de proximité qui remonte à la surface.