En bref
- Inflation 2026 estimée à 2 %
- Hausse possible entre 1,2 % et 2 %
- Décision attendue en novembre 2026
Le chiffre est connu, mais pas encore le résultat. Pour les 13 millions de retraités du privé, l’estimation d’inflation 2026 publiée par l’Insee, soit 2 %, donne une base de calcul pour la prochaine revalorisation de la retraite complémentaire Agirc-Arrco. La date à retenir reste le 1ᵉʳ novembre 2026, moment où la pension pourrait augmenter après une année 2025 restée sans hausse.
Le 2 % de l’inflation ne donnera pas 2 % automatiquement
C’est là que les choses se jouent vraiment. Le taux d’inflation sert de repère aux négociations prévues en octobre 2026 entre syndicats et patronat, mais il ne se transforme pas mécaniquement en hausse identique sur la pension.
Autrement dit, voir 2 % ne veut pas dire toucher 2 % de plus. Le calcul obéit à une règle fixée à l’avance, avec une part de discussion laissée aux partenaires sociaux.
Une formule précise, avec une vraie marge de négociation
Le cadre vient de l’accord national interprofessionnel signé en octobre 2023. La revalorisation du point est indexée sur l’inflation annuelle hors tabac, à laquelle on retire un facteur de soutenabilité de 0,40 point.
Avec une inflation estimée à 2 %, la valeur de référence arrive donc à 1,6 %. Puis les négociateurs disposent d’une marge de plus ou moins 0,4 point autour de ce niveau. Résultat, la future hausse possible se situe entre 1,2 % et 2 %.
Dans ce cadre, les syndicats devraient pousser vers le plafond de 2 %, quand le patronat devrait défendre une ligne plus prudente, plus proche de 1,6 %.
Ce que cela changerait sur une pension moyenne
Pour mesurer l’effet réel, il faut revenir aux montants. La pension complémentaire moyenne versée par l’Agirc-Arrco en 2024 atteignait 552 euros par mois.
Si la hausse retenue n’était que de 1,2 %, le gain mensuel serait de 6,62 euros. À 1,6 %, on monterait à 8,83 euros par mois. Et si le maximum de 2 % était finalement choisi, l’augmentation atteindrait 11,04 euros mensuels.
Ce n’est pas spectaculaire. Mais pour des millions de retraités, chaque dixième de point compte, parce que cette pension pèse lourd dans le revenu total.
Pourquoi les discussions s’annoncent tendues
Le contexte explique une partie de la tension. En 2025, faute d’accord entre partenaires sociaux, le point Agirc-Arrco avait été gelé malgré une inflation annuelle de 0,9 %. Pour beaucoup de bénéficiaires, cela a ressemblé à une perte de pouvoir d’achat.
Les organisations syndicales ont déjà fait savoir qu’elles chercheraient un rattrapage en 2026. En face, la question de l’équilibre financier du régime restera centrale.
Diane Milleron-Deperrois, présidente du régime, a indiqué que le dialogue continuait en vue de cette échéance. C’est sans doute là que se jouera la suite, pas seulement sur une formule, mais sur l’arbitrage entre finances du système et revenu des retraités.