En bref
- Sony stoppera les nouveaux disques en 2028
- Le physique pèse déjà peu dans le marché
- Les boutiques accélèrent leur diversification
Le virage est daté. À partir de janvier 2028, les nouveaux jeux PlayStation ne sortiront plus en format physique. Chez Sony, ils seront proposés en téléchargement sur le PlayStation Store ou via des codes vendus chez les revendeurs.
2028 marque une vraie rupture pour PlayStation
Le constructeur japonais explique cette décision par l’évolution des habitudes d’achat. Il avance aussi que le physique ne représente plus que 20 % de ses ventes. Les chiffres du SELL vont dans le même sens, avec un marché français du jeu vidéo évalué à 5,8 milliards d’euros en 2025, dont 26 % pour le dématérialisé et 7 % pour le support physique.
La situation garde pourtant une particularité en France. D’après le SELL, le pays reste en Europe celui où le réseau de commerçants spécialisés et le format physique sont encore les plus développés. C’est là que la décision de Sony prend une portée plus large qu’un simple changement de distribution.
Ce que les joueurs disent perdre au passage
Dans les magasins, les réactions sont moins spectaculaires que concrètes. Raphaël, joueur occasionnel, dit que cela ne le touchera pas énormément, tout en regrettant une part de l’objet, des manuels et des petits bonus déjà disparus. Il résume ce sentiment avec « Ça ne va pas m’impacter énormément, mais c’est dommage. »
Pour Sandrine, mère de deux enfants, le problème est aussi budgétaire. Elle insiste sur la possibilité de revendre un jeu ou de le donner dans la famille une fois terminé. Kevin, lui, parle d’années de collection et d’un plaisir de la sortie qui s’efface avec la boîte.
Des enseignes qui cherchent déjà un autre modèle
Chez Micromania, l’inquiétude ne porte pas seulement sur la demande. Un vendeur évoque un équilibre encore à parts égales entre le neuf et l’occasion, mais admet qu’il faudra penser à la suite. Une collègue rappelle que la diversification est déjà bien lancée avec les cartes à collectionner et les figurines.
Ce n’est pas un détail. Si l’enseigne s’appelle désormais Micromania-Zing, c’est justement parce que les rayons changent déjà de nature.
Le point de bascule pourrait venir d’un autre constructeur
Ancien propriétaire de boutique et créateur de contenu spécialisé, Gyo décrit un secteur fragilisé depuis longtemps. Il cite la grande distribution, qui a tiré les marges vers le bas, mais aussi certains lancements où des boîtes contiennent surtout des codes plutôt qu’une vraie licence exploitable. Selon lui, sur certains jeux, la version physique peut même vendre jusqu’à deux fois plus que la version dématérialisée.
Reste la question des marges. Elles tournent autour de 22 % aujourd’hui chez Sony, et un passage accru au numérique pourrait encore rogner la rentabilité. Pour Gyo, le vrai seuil d’alerte viendrait d’un alignement de Nintendo sur cette stratégie. Là, beaucoup de boutiques pourraient fermer rapidement.
Pendant ce temps, Micromania-Zing prépare déjà la suite. L’enseigne, en cours de rachat par EB Games, qui a déjà repris GameStop Canada, miserait davantage sur les figurines et les cartes à collectionner. Le jeu vidéo reste au centre, mais son support, lui, n’est plus vraiment garanti.