En bref
- L’exonération par âge passe de 70 à 80 ans
- La mesure vaut depuis le 1ᵉʳ janvier 2026
- Près de 348 000 seniors sont concernés
Employer une aide à domicile coûte plus cher depuis le début de 2026 pour une partie des seniors. Les particuliers employeurs âgés de 70 à 79 ans perdent l’exonération partielle de cotisations patronales dont ils bénéficiaient jusque-là, à cause d’un décret publié en avril, mais appliqué rétroactivement au 1ᵉʳ janvier.
Un seuil d’âge relevé de dix ans
Le changement est simple sur le papier, et assez brutal dans ses effets. Jusqu’ici, un particulier employeur pouvait obtenir cette exonération partielle dès 70 ans, sans condition de revenus ni de perte d’autonomie, sur des rémunérations inférieures à 65 fois le Smic horaire mensuel.
Avec le décret n° 2026-261 du 8 avril 2026, ce seuil passe à 80 ans. Les personnes de 70 à 79 ans qui emploient directement une femme de ménage, une auxiliaire de vie ou un jardinier ne sont donc plus couvertes par ce dispositif lié à l’âge.
Une rétroactivité qui ne frappe pas tout le monde pareil
C’est le point qui accroche. Le texte prend effet au 1ᵉʳ janvier 2026 alors qu’il n’a été publié qu’au printemps, une mécanique peu courante.
Dans les faits, tout le monde ne subit pas la réforme au même moment. Les particuliers qui passent par le Cesu, comme ceux qui utilisent une structure mandataire, ne voient la perte de l’exonération s’appliquer qu’aux périodes d’emploi commençant en juillet 2026. L’Urssaf explique ce décalage par des ajustements techniques. Pour les entreprises prestataires, la situation est plus directe, car leurs cotisations sont réglées sur une base annuelle.
Des milliers de foyers face à un surcoût
Selon la Fepem, près de 348 000 employeurs de 70 à 79 ans sont concernés. Ce n’est pas marginal. Et pour des services utilisés plusieurs heures par semaine, l’addition monte vite.
La fédération évalue la hausse à environ 1,59 euro par heure pour un salaire net moyen de 14 euros, après prise en compte du crédit d’impôt quand il s’applique. Ménage, entretien du jardin, assistance du quotidien, tout cela devient un peu plus coûteux pour des retraités qui ajustent souvent leur budget au plus près.
Ce qui continue de s’appliquer
Cette réforme ne supprime pas toutes les aides. Le crédit d’impôt sur les services à la personne reste en place, à condition de respecter les plafonds prévus par la fiscalité. Il atténue le surcoût, sans l’effacer complètement.
Autre point important, les exonérations liées à la perte d’autonomie ou au handicap ne changent pas. Le recul de 70 à 80 ans vise uniquement l’exonération accordée au titre de l’âge. Avant de réduire des heures d’aide à domicile, les particuliers peuvent encore vérifier les dispositifs mobilisables auprès de L’Urssaf ou de leur conseil départemental. Ce détail compte, parce qu’au-delà de la règle, c’est toute la question du maintien à domicile qui se joue.