Carburants, pourquoi TotalEnergies garde un plafond en zone rurale

La baisse des carburants ne profite pas partout pareil. TotalEnergies veut donc maintenir un plafond dans certaines stations rurales encore pénalisées.

Panneau carburants dans une station essence
Image d'illustration. Panneau carburants dans une station essence — ADN
  • TotalEnergies vise certaines stations rurales seulement
  • Les stocks achetés trop haut pèsent encore
  • Plus de 1.200 stations restent concernées

La baisse des prix à la pompe est bien là. Mais pas partout. C’est ce décalage que TotalEnergies veut maintenant corriger en gardant un plafonnement dans une partie de ses stations, surtout en zones rurales.

Le groupe estime que, dans une large majorité de son réseau, la mesure n’a plus lieu d’être. Après l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, les cours du pétrole ont reculé et, avec eux, les prix des carburants. Dans environ 2.300 stations, les tarifs se situent désormais entre 1,80 et 1,90 euro le litre.

La baisse est réelle, mais elle ne touche pas tout le réseau

C’est là que le contraste apparaît. Le plafond à 1,99 euro par litre pour l’essence et à 2,25 euros pour le diesel n’est plus jugé nécessaire dans la plupart des points de vente. Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, a même résumé cette position en disant « Donc, notre intervention n’est plus légitime à ce niveau-là ».

Pour autant, le mouvement n’est pas uniforme. Certaines stations continuent d’afficher des prix plus élevés que le reste du réseau. Et ce sont précisément celles que le groupe regarde encore de près.

Pourquoi les stations rurales restent plus chères

L’explication tient aux stocks. Les stations rurales, souvent marquées par une faible consommation, ont acheté leur essence ou leur diesel quand les prix étaient encore hauts, pendant les tensions liées à la guerre en Iran.

Résultat ? Elles écoulent encore ces volumes achetés cher. Du coup, la baisse du baril ne se répercute pas immédiatement à la pompe. C’est un mécanisme assez simple, presque mécanique, mais il crée un vrai écart entre territoires.

Patrick Pouyanné a indiqué qu’il comptait maintenir un plafond, sans doute pour les stations rurales. L’objectif est d’éviter que ces points de vente restent durablement à contretemps du reste du marché.

Un tiers du réseau encore visé par une mesure ciblée

Ce n’est pas un cas marginal. Plus de 1.200 stations sont concernées, sur un réseau qui compte environ 3.300 sites. On parle donc de près d’un tiers de l’ensemble exploité par TotalEnergies.

Le choix du groupe est clair. Là où la détente des prix a déjà fait son effet, le plafond doit disparaître. Là où les automobilistes paient encore plus cher, surtout dans les territoires ruraux, la protection pourrait rester en place. Patrick Pouyanné l’a dit ainsi, en visant les zones à protéger, « nous maintiendrons la mesure pour les zones en question ».

Derrière cette décision, il y a une question très concrète. Quand les prix baissent, tout le monde n’en profite pas au même moment. Et c’est souvent dans les zones les moins favorisées que ce retard se voit le plus vite.