En bref
- Le rez-de-chaussée sera relancé en septembre
- Shein doit quitter le magasin
- Les salariés visent 40 % du capital
Le premier signal sera visible dès la rentrée. En septembre, le BHV Marais veut rouvrir son rez-de-chaussée, avec un virage net dans l’offre. La mode et le luxe doivent laisser la place à Boulanger et Rougier et Plé. Deux accès, qui représentent selon Karl-Stéphane Cottendin 50 % du trafic d’entrées, doivent aussi rouvrir.
Septembre doit changer le visage du rez-de-chaussée
Ce choix raconte la nouvelle ligne du magasin. Le dirigeant, un des repreneurs un mois après la cession, veut recentrer l’établissement sur la maison, avec le bricolage et la décoration en priorité. L’idée, en gros, est simple, remettre en avant ce qui faisait l’identité du lieu face à l’Hôtel de Ville.
Shein sur la sortie, des marques sur le retour
L’autre rupture concerne Shein, installé au 6ᵉ étage depuis novembre. Le partenariat, très critiqué, doit s’arrêter. Karl-Stéphane Cottendin dit que des échanges constructifs sont en cours pour accélérer la sortie de l’enseigne, avant l’échéance du contrat prévue en 2027.
Dans le même temps, la direction affirme que 37 marques ont confirmé leur retour pour la rentrée. Parmi elles, Madura, Cinna et Ligne Roset. Le cas du Slip Français est aussi mis en avant. Parti en 2025 sur fond d’impayés, la marque a fait savoir qu’elle voulait retravailler avec le magasin et qu’elle fabriquera les tee-shirts des salariés.
Un magasin repris à perte, avec un conflit financier en toile de fond
Ce plan arrive après une séquence tendue. Mi-juin, la SGM, cofondée par Frédéric Merlin, a revendu le fonds de commerce à certains dirigeants, à prix négatif. Autrement dit, à perte. Le BHV Marais, acquis en 2023, était passé près de la disparition.
Le dossier reste fragile. La moitié des surfaces a été vidée dans le cadre d’un accord avec Brookfield, propriétaire des murs depuis janvier. Mais les dizaines de millions d’euros attendues en contrepartie n’ont pas été versées, selon la direction. De son côté, une source proche du dossier indique que le bailleur met en cause des problèmes de mise en conformité du magasin.
Les salariés appelés à détenir jusqu’à 40 % du capital
La relance ne passe pas seulement par les enseignes. La direction, qui dit compter 800 employés, annonce aussi un plan d’actionnariat salarié. À terme, les équipes pourraient détenir 40 % du capital. L’objectif affiché, c’est de stabiliser les coûts de masse salariale et d’associer les salariés au redressement.
Un renfort arrive aussi au comité exécutif avec Eric Lovisolo, ancien dirigeant du groupe Printemps. Le calendrier, lui, met la pression. Le magasin vise ses 170 ans en octobre, avec l’espoir d’avoir retrouvé, d’ici là, un peu plus qu’un nouveau décor.