En bref
- Micromania-Zing garde ses 300 magasins
- La relance passe par cartes et dérivés
- Des flagships et des événements sont prévus
Le pari est assez clair. Au moment où le jeu vidéo physique recule, Micromania-Zing ne prépare pas un retrait. L’enseigne, rachetée par quatre entrepreneurs franco-canadiens, veut au contraire renforcer sa présence en magasin et déplacer son centre de gravité vers d’autres produits.
Des boutiques conservées, et même agrandies
Première décision, et elle compte pour les clients, le réseau actuel de 300 magasins sera conservé. Les nouveaux actionnaires disent vouloir l’améliorer, pas le réduire.
Philippe Renaudin, directeur marketing et communication de l’entreprise, explique que certains points de vente seront déplacés pour optimiser le maillage territorial. L’objectif affiché est qu’un magasin reste situé à 15 à 25 kilomètres du client. Surtout, de nouvelles boutiques plus grandes doivent ouvrir. Ces flagships Micromania feraient environ 500 m2 et serviraient aussi à accueillir des exclusivités et des événements.
Le jeu vidéo ne suffit plus à porter le modèle
Ce virage s’explique par une tendance lourde. La digitalisation du marché s’accélère, avec en toile de fond l’annonce de Sony, qui a décidé de ne plus proposer de versions physiques des jeux sur sa console après 2028.
Pour Micromania-Zing, ce basculement n’a rien de nouveau. L’enseigne vend déjà en boutique des codes pour des jeux dématérialisés ainsi que des abonnements en ligne. Elle mise aussi sur des éditions exclusives et des packs mêlant jeux et produits dérivés, histoire de garder une raison de venir en magasin.
Cartes à collectionner et produits dérivés au centre
Le vrai pivot est là. Les nouveaux propriétaires veulent faire monter la part des produits dérivés et des jeux de cartes à collectionner, les TCG, dans les rayons.
Philippe Renaudin dit viser à terme un équilibre de cinquante-cinquante entre ces produits et le jeu vidéo. Le marché justifie cette ambition. D’après une étude de Licensing International et de Circana, les produits sous licence ont généré en France environ 6,9 milliards d’euros (7,5 milliards de dollars) en 2025.
Le rachat apporte aussi des capacités de production
L’opération ne se limite pas à un changement d’actionnaires. L’actionnaire majoritaire, Stéphan Tétrault, dirige le Groupe Tétrault, spécialisé dans le jouet, les licences et les objets de collection liés au jeu vidéo.
Cette nouvelle structure donne à Micromania-Zing une force de frappe plus large, avec notamment MacFarlane Toys, qui produit des figurines exclusives sous des licences comme Marvel, DC Comics, la NFL, la NBA ou l’UFC. L’arrivée de Gipsy Toys SAS, spécialisée dans les peluches, doit aussi permettre de créer davantage d’exclusivités maison.
L’événementiel redevient un levier de trafic
Mais les rayons ne suffisent pas. Micromania-Zing veut aussi refaire de ses magasins des lieux d’animation, avec des événements hors boutique, des rendez-vous réguliers et des thématiques renouvelées chaque semaine.
L’entreprise revendique l’héritage du Micromania Gaming Show, lancé au début des années 2000, et veut retrouver cette logique. Reste une question, plus terre à terre. En 2025, son chiffre d’affaires est tombé à 9 millions d’euros, contre 11 millions en 2024. La relance passera donc par autre chose qu’un simple changement de propriétaire, par une redéfinition complète de ce qu’un magasin de jeux vidéo peut encore vendre, et faire vivre, en 2026.