Carburants : pourquoi TotalEnergies remet un plafond à la pompe

Face au rebond du pétrole lié aux tensions au Moyen-Orient, TotalEnergies rétablit son plafond national sur l’essence et le diesel.

Pompe à essence
Image d'illustration. Pompe à essence — ADN

En bref

  • TotalEnergies rétablit son plafond national à la pompe
  • L’essence repasse à 1,99 euro maximum
  • La hausse du pétrole relance la pression

Les automobilistes le voient déjà sur les panneaux. Les prix remontent, et vite. Dans ce contexte, TotalEnergies a annoncé le retour de son plafonnement dans ses stations-service de France hexagonale.

Des seuils qui reviennent partout en France hexagonale

Le groupe pétrolier remet en place la politique appliquée jusqu’en juin 2026. Concrètement, le prix de l’essence est de nouveau limité à 1,99 euro le litre. Pour le diesel, le plafond revient à 2,25 euros le litre.

Cette décision arrive moins d’un mois après un premier ajustement du dispositif. Le signal est assez clair : la détente aperçue au début de l’été n’a pas tenu.

Le virage après un allègement décidé fin juin

Le 30 juin, TotalEnergies avait pourtant réduit la portée de ce mécanisme. Le groupe avait choisi de le concentrer dans les stations rurales et sur les axes autoroutiers lors des grands départs, après la baisse des cours qui avait suivi le protocole d’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran.

Cette fois, retour en arrière. La reprise des hostilités au Moyen-Orient change la donne, avec un risque de tension plus durable sur l’approvisionnement en hydrocarbures.

Des week-ends d’été sous surveillance

En parallèle, TotalEnergies confirme ses opérations exceptionnelles sur autoroute pour les grands chassés-croisés de l’été. Dans ces stations, l’essence et le diesel seront tous deux plafonnés à 1,99 euro le litre pendant les week-ends des 1er-2 août, 15-16 août et 29-30 août.

Pour les vacanciers, la nuance compte. Hors autoroute, le diesel reste plafonné plus haut. Sur autoroute, le groupe aligne temporairement les deux carburants sur le même seuil.

Le pétrole repart, la pompe suit aussitôt

Pourquoi ce changement si rapide ? Parce que les marchés pétroliers se tendent de nouveau. Mercredi vers 11 h 05, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 3,45 %, à environ 81 euros (94,15 dollars). La poursuite des combats au Moyen-Orient et les menaces en mer Rouge alimentent la crainte d’un blocage durable des exportations.

Et à la pompe, l’effet est déjà visible. Le SP95-E10 atteignait 2,026 euros le litre en moyenne sur 7 541 stations, soit +4,25 % en une semaine. Le SP98 montait à 2,116 euros sur 7.887 stations, en hausse de 4,57 %. Le gazole, lui, grimpait à 2,139 euros sur 9 556 stations, soit +6,8 %. Ces données, calculées à partir des bases gouvernementales, excluent la Corse et les territoires d’outre-mer. Par rapport au 27 février, avant les premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, les prix sont désormais supérieurs de 15,86 % pour le SP98 à 24,33 % pour le gazole.

Ce retour du plafond ne fait pas baisser les cours mondiaux. Mais il montre une chose : dès que le pétrole se crispe, la consommation quotidienne redevient un sujet politique autant qu’économique.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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