En bref
- Gel envisagé pour certaines pensions en 2027
- La perte suivrait l’inflation non compensée
- Le seuil exact reste inconnu
Une pension gelée ne baisse pas sur le papier. Mais si les prix continuent de monter, elle vaut en réalité moins. C’est le cœur de la piste étudiée par le gouvernement pour le budget 2027, avec un ciblage des retraités les plus aisés.
Pourquoi un gel ferait baisser le niveau de vie
Chaque année, les pensions de retraite sont en principe revalorisées pour suivre l’évolution des prix. Là, l’idée évoquée par Roland Lescure est différente, revaloriser à 0 % certaines pensions, alors que l’inflation est projetée autour de 2 %.
Résultat ? Le montant versé resterait identique, mais le pouvoir d’achat reculerait. Ce n’est pas très visible au départ, pourtant l’effet est immédiat dans un budget mensuel.
Des pertes qui montent vite selon la pension
Les estimations avancées par Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE, donnent une idée assez nette de l’addition. Interrogé sur RTL, il parle d’une perte de pouvoir d’achat « entre 400 et 500 euros » sur un an pour des retraités touchant entre 3 000 et 4 000 euros par mois.
Plus en détail, il chiffre le manque à gagner à environ 60 euros par mois pour une retraite de 3 000 euros. Sur douze mois, cela représente 720 euros. Pour une pension de 4 000 euros, la perte grimperait à 960 euros par an. Et à 5 000 euros mensuels, elle atteindrait 1 200 euros.
L’économiste précise que ce calcul intègre l’ensemble des pensions, donc la retraite de base et la complémentaire.
Une piste budgétaire encore en attente d’arbitrage
Cette mesure n’arrive pas seule. Elle s’inscrit dans la recherche d’économies menée par Bercy pour boucler le prochain projet de loi de finances.
Pour l’instant, rien n’est encore tranché. Le gouvernement doit rendre ses derniers arbitrages avant la présentation officielle du projet de loi de finances pour 2027. C’est à ce moment-là que seront connus le calendrier exact et le périmètre de cette économie potentiellement sensible.
Le seuil des retraités aisés reste la vraie inconnue
Tout se joue maintenant sur la définition du retraité dit aisé. Le seuil le plus souvent cité par l’exécutif tourne autour de 3 000 euros brut par mois.
Si ce niveau est retenu, environ 1,4 million de personnes seraient concernées. C’est là que le dossier devient important politiquement, parce qu’un gel présenté comme ciblé peut, selon le seuil choisi, toucher un nombre très large de ménages retraités.