En bref
- Le RN veut bloquer la cotisation à 42 ans
- Le parti mise sur une entrée plus tôt
- Le financement n’est pas détaillé
La promesse tient en un nombre, 42 annuités. Facile à lire, politiquement efficace. Mais sur les retraites, le plus dur n’est jamais l’annonce, c’est ce qu’elle coûte ensuite.
À un an de la présidentielle de 2027, le Rassemblement National met en avant cette durée de cotisation unique pour tous. Le parti cherche à se distinguer des réformes successives qui ont allongé le temps de travail, alors que le système actuel se dirige vers 43 annuités.
Une borne fixée à 42 annuités
La ligne défendue par Franck Allisio, député RN des Bouches-du-Rhône, est présentée comme une alternative nette. Sur franceinfo, l’élu a opposé cette option aux projets qu’il attribue à ses adversaires. Il a résumé sa position ainsi : « Si on suit la même logique avec les 43 ou 44 annuités que soutiennent nos adversaires, c’est la retraite à 70 ans. Donc ce que nous disons c’est 42 annuités, plutôt que 43 ou 44 ».
L’idée, pour le parti, est de stopper l’allongement progressif de la durée de cotisation. Le RN explique vouloir éviter que l’effort repose, une fois de plus, sur les actifs et les futurs retraités. En creux, le message est simple : préserver un âge de départ jugé décent, surtout pour ceux qui ont commencé à travailler tôt.
Le pari d’une entrée plus précoce dans l’emploi
Plutôt que de prolonger les carrières, le RN propose un autre déplacement de l’effort. Commencer plus tôt.
Franck Allisio a expliqué qu’il fallait faire en sorte de travailler davantage au début de la vie professionnelle plutôt que plus tard. Pour illustrer son propos, il a comparé la France à l’Allemagne, en avançant un âge moyen d’entrée sur le marché du travail de 23 à 24 ans outre-Rhin, contre 26 à 27 ans en France.
Selon lui, cotiser davantage en début de parcours correspondrait mieux à la logique de la vie active, quand on est, dit-il, plus en forme et plus enclin à travailler. C’est le cœur du raisonnement politique du RN sur ce dossier.
Le point faible, l’argent
C’est là que le débat se crispe. Car si la mesure est posée, son financement, lui, reste flou.
L’élu RN n’a donné ni économies précises, ni nouvelles recettes, ni chiffrage global. Il a seulement assuré vouloir trouver l’argent ailleurs qu’au travers d’une nouvelle réforme des retraites. À ce stade, cette absence de détails nourrit déjà les critiques de ses opposants, qui jugent la proposition coûteuse pour les finances publiques et insuffisamment étayée.
Le sujet dépasse donc la formule des 42 annuités. À mesure que la campagne de 2027 approche, la vraie ligne de fracture se dessinera sans doute moins sur l’objectif affiché que sur la capacité, pour chaque camp, à prouver comment il compte payer la promesse.