En bref
- La mission parlementaire démarre mercredi
- Elle doit chiffrer le coût des canicules
- Ses conclusions sont attendues début octobre
L’été a laissé plus qu’une impression de chaleur. À l’Assemblée nationale, une mission parlementaire démarre mercredi pour évaluer le coût des canicules qui ont touché tout le territoire ces derniers mois. Elle sera présidée par Éric Coquerel, président de la commission des Finances et député LFI.
L’enjeu dépasse le simple bilan. Derrière ce travail, il y a une question très concrète pour les finances publiques, combien ces épisodes successifs ont coûté à la France, et quels moyens supplémentaires pourraient être réclamés ensuite.
Une mission courte, avec un calendrier déjà fixé
Ce format est celui d’une mission flash. Éric Coquerel avait annoncé son lancement au début du mois d’août, et les travaux doivent, à ce stade, se poursuivre jusqu’au 23 septembre.
Son entourage indique qu’une restitution est espérée au début du mois d’octobre. Le tempo est serré, ce qui dit aussi quelque chose du sujet, la chaleur extrême n’est plus un épisode isolé mais un poste de dépense à documenter vite.
Des économistes aux pompiers, une série d’auditions ciblées
Les premières auditions commenceront mercredi avec deux spécialistes, l’économiste de l’environnement et de la santé Olivier Chanel et l’économiste du climat Vincent Viguié.
La mission prévoit aussi d’entendre un ensemble d’acteurs publics et de terrain. Parmi eux, Météo-France, la Fédération hospitalière de France, Santé publique France, l’Office national des forêts, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, l’Office français de la biodiversité, le ministère de la Transition écologique et la direction générale du Trésor au ministère de l’Economie.
Un industriel doit aussi être auditionné, David Pincet, président de Hynaero, société qui conçoit le Fregate-F100, un hydravion présenté comme similaire au Canadair. Le choix n’est pas anodin, la mission ne regarde pas seulement les dégâts, mais aussi les moyens de lutte.
Derrière l’enquête, la question d’un effort financier supplémentaire
Le but est clairement budgétaire. Dès le début août, Éric Coquerel avait demandé qu’un projet de loi de finances rectificative soit examiné à la rentrée pour augmenter les crédits consacrés au matériel de lutte contre les feux, mais aussi à la lutte contre le réchauffement climatique.
Le député estimait alors que le gouvernement ne pouvait pas se limiter à dégeler des crédits exceptionnels. La mission doit donc fournir une base chiffrée à cette demande.
Le montant avancé par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, donne la mesure du dossier. Mi-août, elle évaluait le coût direct et indirect des canicules de cet été entre 10 et 15 milliards d’euros, soit davantage que les 5,6 milliards d’euros attribués à l’épisode de 2022. C’est là que cette mission devient importante, elle transforme une série d’alertes météo en débat financier de rentrée.