En bref
- La France compte environ 650 parcs de loisirs
- La fréquentation atteint 70 millions de visiteurs en 2025
- Trois nouveaux projets relancent le débat sur la saturation
L’offre grossit, mais les parcs français remplissent encore. C’est le paradoxe du moment, au moment où Emmanuel Macron a annoncé un accord avec l’Arabie saoudite pour la création de trois nouveaux parcs d’attractions, dont un consacré à Dragon Ball.
Des records qui repoussent l’idée de saturation
Sur le papier, la France pourrait sembler déjà bien servie. Le SNELAC recense pourtant un marché encore en progression, avec environ 650 parcs de loisirs et 70 millions de visiteurs attendus en 2025, contre seulement 3 millions en 1980.
Les grands noms confirment cette dynamique. Disneyland Paris reste de loin le poids lourd, avec 16 millions de visiteurs pour ses deux parcs. Le Parc Astérix a atteint 2,9 millions d’entrées en 2025, après 2,8 millions en 2024. Même logique au Puy du Fou, qui signe 3 millions de visiteurs, et à Vulcania, avec 390.000 visiteurs, soit la quatrième meilleure année de son histoire. Quant au Futuroscope, il est passé de 1,9 million de visiteurs en 2019 à 2,6 millions en 2025.
Les parcs misent sur plus que les manèges
Ce secteur avance aussi parce qu’il investit beaucoup. Disneyland Paris prépare une zone autour de La Reine des neiges, puis une autre dédiée au Roi lion. Le Puy du Fou travaille sur un nouveau spectacle à 50 millions d’euros. De son côté, Le Parc Astérix a validé un plan de 250 millions d’euros pour cinq attractions supplémentaires et un hôtel.
Le changement ne se voit pas seulement dans les files d’attente. Le chiffre d’affaires du secteur est passé d’environ 2 milliards d’euros en 2010 à 4 milliards en 2025. Les parcs poussent davantage la consommation sur place, avec des hébergements, des boutiques et des offres pensées pour faire revenir les visiteurs à différents moments de l’année. Résultat, l’expérience compte presque autant que l’attraction elle-même.
Disneyland et l’après-Covid ont changé la donne
Pour Maxime Guény, l’arrivée de Disneyland Paris en 1992 a relevé le niveau général. Il explique « Dans son sillage, tous les parcs ont rehaussé leur standard ». Le marché français s’est donc structuré autour d’exigences plus élevées, avec une vraie culture de fans.
Selon Alix Merle, la période post-Covid a renforcé un autre mouvement, celui du retour vers des dépenses plus expérientielles. Malgré l’inflation, les ménages gardent un budget pour ce type de sortie. Et même avec des billets plus chers, la fréquentation continue de grimper. Au Parc Astérix, un billet daté coûte 59 euros aujourd’hui, contre 39 euros en 2015.
La France a des atouts, mais rien n’est automatique
Le pays reste la première destination touristique mondiale, avec un vrai réservoir de visiteurs étrangers. Ils sont majoritaires à Disneyland Paris, où 56 % des visiteurs ne sont pas français. Le Parc Astérix monte aussi, avec environ 10 à 12 % d’internationaux.
L’Île-de-France, ses deux aéroports et sa population dense jouent beaucoup. Et les Français voyagent volontiers pendant de longues vacances, ce qui soutient la demande. Mais tout cela ne garantit rien. Les trois futurs sites saoudiens doivent être bâtis sur l’ancien terrain de Mirapolis, un parc français fermé après moins de cinq ans. À moyen terme, c’est sans doute là que se jouera la vraie question, non pas ouvrir, mais durer.