Chez Volkswagen, la cure va bien au-delà des usines et emplois

Le groupe Volkswagen envisagerait de couper dans ses modèles et variantes. Un virage industriel lourd, pensé pour réduire une complexité devenue coûteuse.

Concessionnaire volkswagen
Image d'illustration. Concessionnaire volkswagen — ADN

En bref

  • Volkswagen viserait moitié moins de modèles
  • Jusqu’à 75 % des variantes menacées
  • Le groupe veut réduire ses coûts

Chez Volkswagen, le chiffre qui résume tout n’est pas le nombre d’emplois évoqués ces dernières semaines. C’est celui des 12 000 configurations proposées à l’échelle du groupe. Trop de versions, trop de combinaisons, trop de complexité à produire.

Le vrai problème, ce sont les 12 000 combinaisons

Selon plusieurs médias allemands, Volkswagen envisagerait de réduire de moitié le nombre de modèles vendus par ses différentes marques. Et le tri ne s’arrêterait pas là. Parmi les véhicules conservés, jusqu’à 75 % des variantes pourraient aussi disparaître.

Concrètement, cela vise tout ce qui s’est empilé au fil des années, motorisations, transmissions, carrosseries, finitions. Pour un client, cela ressemble à du choix. Pour un industriel, cela finit par peser lourd. C’est cette mécanique interne que le groupe cherche visiblement à alléger.

Après les rumeurs de choc, un recentrage plus ciblé

Fin juin, une fuite relayée par plusieurs médias allemands décrivait un plan de restructuration beaucoup plus brutal pour Volkswagen. Il était alors question d’aller jusqu’à 100 000 suppressions d’emplois, avec aussi plusieurs fermetures d’usines et une baisse marquée des capacités de production.

Quelques jours plus tard, le conseil de surveillance du groupe a examiné les propositions d’Oliver Blume. Les mesures les plus dures n’ont pas été retenues, notamment sur les sites industriels. Mais le constat, lui, n’a pas changé.

La stratégie du « toujours plus » arrive à sa limite

Ce que cherche désormais Volkswagen, c’est une simplification. Réduire les coûts, alléger l’organisation et retrouver des marges jugées plus conformes au poids du groupe. Vu sous cet angle, la coupe dans la gamme n’est pas un détail commercial. C’est un levier industriel.

Oliver Blume acte ainsi que le modèle qui a longtemps porté VW, multiplier les modèles et les déclinaisons pour soutenir les ventes, a atteint ses limites. L’enjeu dépasse le simple catalogue. Quand un grand constructeur commence à retirer du choix pour gagner en efficacité, cela dit quelque chose de l’état du marché automobile et de la pression qui s’exerce désormais sur toute la chaîne de production.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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