L’Assemblée Nationale se penche sur la discrimination capillaire: une loi en discussion

La proposition de loi visant à combattre les discriminations liées à la coiffure, introduite en septembre dernier par le député guadeloupéen Olivier Serva, sera analysée en commission par l'Assemblée Nationale d'ici la fin de ce mois.

Chevelure cheveux roux
Image d'illustration. Cheveux roux — ADN

Tl;dr

  • Olivier Serva propose une loi contre la discrimination capillaire.
  • Il veut ajouter des stipulations capillaires aux codex juridiques.
  • Serva souligne l’impact de l’aplatissement des cheveux sur la personnalité.
  • Il s’appuie sur des statistiques américaines pour soutenir sa proposition.

Le combat contre la discrimination capillaire en France

Olivier Serva, député de la Guadeloupe, mise sur une initiative finalement très sérieuse. Il a présenté, en septembre 2023, une proposition de loi ayant pour objectif de reconnaitre et « sanctionner les discriminations capillaires ».

Rajouter des précisions aux lois existantes

Dans le Code du travail, le Code pénal et le Code général de la fonction publique, il est déjà stipulé qu’« aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite en raison de l’apparence physique ». Ce que souhaite le député, c’est d’y insérer une mention précisant explicitement : « notamment la coupe, la couleur, la longueur ou la texture de leurs cheveux. »

Un impact significatif sur l’image de soi

Pour argumenter sa proposition, Olivier Serva met en exergue l’importance de la coiffure dans l’expression de la personnalité individuelle. Il déclare que « quand on s’aplatit les cheveux, on aplatit symboliquement sa personnalité et alors, on est ni bien, ni pour soi, ni pour les autres ».

La France en retard par rapport aux enjeux capillaires internationaux ?

Pour soutenir son assertion, Olivier Serva se réfère à des données statistiques américaines, indiquant qu’une femme noire sur trois aux Etats-Unis modifie sa coiffure avant de passer un entretien professionnel, dans l’espoir d’augmenter ses chances d’embauche. Il souligne l’urgence d’agir pour prévenir des risques de santé accentués par l’usage de produits de défrisage, qui augmentent notamment le risque de cancer de l’utérus selon une agence de santé américaine.

Devant le constat de ces diverses discriminations capillaires, Olivier Serva appelle la France à progresser dans la lutte contre cette discrimination qui reste largement méconnue et sous-estimée.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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