Espaces « no kids » : la CNCDH veut redonner sa place aux enfants

La CNCDH demande d’encadrer les espaces « no kids » et avance d’autres pistes, des villes plus adaptées aux enfants jusqu’au vote avant 18 ans.

Place urbaine avec familles et enfants
Image d'illustration. Le débat porte aussi sur l’espace public. — ADN

En bref

  • La CNCDH cible les espaces « no kids »
  • Sarah El Haïry évoque une discrimination
  • D’autres pistes visent la ville et le vote

Pour Sarah El Haïry, les espaces « no kids » relèvent déjà de la discrimination. Et si le droit manque de clarté, la haute-commissaire à l’Enfance a assuré sur RMC qu’il serait précisé. Ce point s’appuie sur un avis publié lundi par la Commission nationale consultative des droits de l’homme, la CNCDH, qui demande de faire davantage de place aux enfants dans l’espace public.

La piste d’une clarification de la loi

La recommandation la plus sensible vise les lieux réservés aux adultes, apparus ces dernières années dans plusieurs pays européens, dans le transport, la restauration ou l’hôtellerie. La CNCDH appelle à interdire ces espaces quand ils ne sont pas justifiés par la protection de l’enfant.

Dans la foulée, Sarah El Haïry a estimé que la situation tombait aujourd’hui sous le coup de la loi. Elle a même ajouté, en cas de besoin, « Si c’est nécessaire, s’il faut clarifier la loi, alors on la clarifiera ».

Un rapport qui décrit une mise à l’écart plus large

Le rapport ne s’arrête pas à cette polémique. La CNCDH décrit une présence des enfants beaucoup plus faible dans l’espace public qu’il y a une quarantaine d’années. Elle y voit un paradoxe entre une intolérance croissante envers les plus jeunes et l’inquiétude liée à la baisse de la natalité, au plus bas en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Autre point soulevé, ce que la commission qualifie d’« infantisme ». En gros, les mineurs seraient trop souvent vus comme des personnes à surveiller ou à punir, plus que comme des individus dont la dignité vaut celle des adultes.

L’avis revient aussi sur l’épisode de la classe Optimum de la SNCF, annoncée en janvier avec une promesse de calme et de confort, mais sans enfants de moins de 12 ans. Le phénomène reste peu répandu en France, mais il a cristallisé les critiques.

Des villes pensées avec les enfants, et plus de poids politique

La CNCDH avance aussi des mesures concrètes. Elle propose de réduire la vitesse de circulation en ville et dans les zones habitées. Elle demande aussi que les aires de jeux soient conçues en concertation avec les enfants.

L’idée, c’est de créer des villes à hauteur d’enfant. Et la commission pousse plus loin sur le terrain civique, avec une réflexion sur l’abaissement de l’âge du droit de vote, pour certaines élections locales, voire nationales.

Un enjeu qui dépasse les seuls mineurs

Ce débat, Sarah El Haïry l’a déjà porté en début d’année. Selon elle, une ville plus accueillante pour les enfants profiterait aussi à d’autres publics, notamment les personnes âgées et celles en situation de handicap.

Bref, derrière la querelle sur les espaces adultes seulement, la CNCDH pose une question plus large, celle de la place accordée aux mineurs dans les politiques publiques. La suite dépendra désormais d’un éventuel chantier législatif.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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