En bref
- Une étude lie souplesse et moindre mortalité
- Le lien est plus marqué chez les femmes
- Mais la causalité n’est pas prouvée
La souplesse n’est peut-être pas qu’une affaire de confort ou de yoga. Une étude publiée en 2024 a observé qu’une meilleure mobilité articulaire à l’âge mûr était associée à un risque plus faible de décès prématuré.
Une étude de longue durée qui intrigue
Les chercheurs ont évalué la souplesse de participants d’âge moyen en mesurant l’amplitude de mouvement de plusieurs zones du corps. Les chevilles, les hanches, les genoux, la colonne vertébrale, les épaules, les coudes et les poignets ont été pris en compte, puis chaque personne a reçu un score global.
Ensuite, le suivi a duré en moyenne 13 ans. Résultat, les personnes les plus souples présentaient un risque plus faible de mourir plus tôt.
Le signal apparaît chez les deux sexes, mais il est plus net chez les femmes. Celles qui avaient les scores les plus faibles étaient presque cinq fois plus susceptibles de mourir pendant la période étudiée. Chez les hommes, ce risque était proche du double.
Ce que la souplesse dit, et ne dit pas encore
Pour autant, l’équipe ne dit pas que la souplesse cause directement une vie plus longue. Dr Claudio Gil S Araújo, auteur principal de l’étude et médecin de Clinimex à Rio de Janeiro, reste prudent. Il explique que l’on sait déjà qu’une bonne capacité aérobie et une force musculaire solide sont liées à une meilleure longévité, et que la souplesse pourrait suivre la même logique.
Cette prudence s’explique aussi par un point simple, il existe encore peu de travaux sur les effets de la souplesse à long terme. C’est assez étonnant, car l’American College of Sports Medicine, basé à Indianapolis, la classe parmi les grandes composantes de la forme physique.
Les autres repères sont la force musculaire, l’endurance musculaire, l’endurance cardiorespiratoire, c’est-à-dire la capacité du cœur et des poumons à fournir de l’oxygène aux muscles, ainsi que la composition corporelle, entre masse grasse, muscle et os.
Pourquoi la mesurer reste compliqué
Sur le papier, la définition paraît simple. La souplesse correspond en général à la capacité de bouger une articulation sur toute son amplitude, sans douleur. Lever les bras au-dessus de la tête, pencher la nuque vers l’épaule ou ramener les genoux vers la poitrine, tout cela en fait partie.
Mais la mesurer correctement est une autre histoire. Le test le plus connu, le sit and reach, consiste à s’asseoir au sol, jambes tendues, pieds contre un mur, puis à avancer les mains vers les orteils.
Le problème, c’est que ce test ne raconte qu’une partie de l’histoire. Dr Lewis Ingram, kinésithérapeute et chercheur à l’University of South Australia à Adelaide, explique qu’il mesure surtout la souplesse de l’arrière du corps, notamment les fessiers et les ischio-jambiers, avec un aperçu plus limité du bas du dos. En clair, il ne dit presque rien sur les fléchisseurs de hanche, les épaules ou d’autres zones. Et ça change pas mal la lecture du sujet.