En bref
- Le diabète de type 1,5 existe depuis longtemps
- Il est souvent pris pour un type 2
- Ses symptômes restent ceux du diabète classique
On parle beaucoup de diabète de type 2 et de type 1, beaucoup moins du type 1,5. C’est pourtant là que se loge un vrai problème de santé publique, parce que cette forme, appelée LADA pour diabète auto-immun latent, peut être confondue avec un type 2 chez des adultes.
Un diabète adulte, rare mais souvent confondu
Reconnu comme une forme distincte depuis 1993, le LADA représente entre 3 % et 12 % des cas de diabète chez l’adulte. Il n’est donc pas nouveau, ni totalement marginal.
Le point qui compte, c’est l’erreur de lecture possible. Une étude récente estime que jusqu’à 14 % des personnes diagnostiquées avec un diabète de type 2 pourraient en réalité avoir un LADA. En gros, le trouble existe, mais il se voit mal parce qu’il emprunte des traits aux deux formes les plus connues.
Des signes identiques, quel que soit le type
Sur les symptômes, il n’y a pas de raccourci simple. Quand le glucose s’accumule dans le sang, les signes restent les mêmes, quel que soit le type de diabète.
Il faut surveiller une soif intense, des passages fréquents aux toilettes, une grande fatigue et une perte de poids inexpliquée. Diabetes UK résume ces signaux en quatre repères faciles à retenir. Et une fois ces signes apparus, mieux vaut obtenir un diagnostic rapidement.
Sans traitement, le diabète peut entraîner des complications sévères. Les reins, les yeux, les pieds et les cellules nerveuses peuvent être touchés.
Pourquoi le type 1,5 ressemble au type 1 sans évoluer pareil
Le LADA a plus en commun avec le type 1 qu’avec le type 2. Dans les deux cas, le système immunitaire attaque les cellules du pancréas qui fabriquent l’insuline. Résultat, la production d’insuline baisse et le glucose grimpe progressivement.
Mais le rythme change tout. Le type 1 apparaît vite, souvent pendant l’enfance ou lors d’une urgence clinique. Le LADA, lui, avance plus lentement et survient à l’âge adulte, souvent après 30 ans. C’est ce qui le fait ressembler, au premier regard, à un type 2.
Ce que la recherche avance pour expliquer cette lenteur
L’explication avancée aujourd’hui tient à une sorte de protection naturelle qui se mettrait en place avec l’âge autour des cellules productrices d’insuline du pancréas, la membrane basale péri-insulaire.
Selon la professeure Sarah Richardson, de l’University of Exeter, quand l’auto-immunité débute dans le LADA, les cellules pancréatiques ont déjà formé des structures plus grandes et mieux protégées. Elles résistent donc davantage à l’attaque immunitaire.
Le contraste est là. Même mécanisme de fond que le type 1, mais une installation plus lente, à l’âge adulte. Et c’est précisément ce décalage qui complique le diagnostic.