En bref
- Les cinq sens ne racontent pas tout.
- Le corps perçoit aussi ses signaux internes.
- Certains récepteurs ont plusieurs fonctions.
On apprend très tôt qu’un humain a cinq sens. C’est pratique, simple, presque scolaire. Mais ce cadre laisse de côté une partie essentielle de ce que le corps capte en permanence, parfois sans que vous en ayez la moindre conscience.
Ce que recouvrent vraiment les cinq sens
Si l’on associe un sens à ses récepteurs, la réponse classique reste bien connue, voir, entendre, toucher, sentir et goûter. Elle repose sur des organes ou structures comme les rétines pour la vision et la cochlée pour l’audition.
Ces sens sont dits extéroceptifs, parce qu’ils transmettent des informations sur le monde extérieur. Dit autrement, ils servent à lire ce qui se passe hors du corps. C’est la version la plus familière de la perception, celle qu’on identifie tout de suite.
Le corps surveille aussi ce qui se passe à l’intérieur
L’image devient plus intéressante quand on regarde de l’autre côté, à l’intérieur. Le corps possède aussi des récepteurs capables de signaler des événements internes, comme les battements du cœur, l’expansion des poumons, les gargouillis de l’estomac ou d’autres mouvements dont on ne se rend même pas compte.
Cet ensemble est généralement réuni sous un autre sens, l’interoception. Et c’est là que la vieille idée des cinq sens montre ses limites. Une partie de notre perception ne sert pas à observer le monde, mais à suivre l’état du corps lui-même.
D’autres signaux brouillent encore la frontière
Ce n’est pas tout. Le corps dispose aussi de récepteurs pour d’autres types d’informations, par exemple la température, qui n’entrent pas toujours spontanément dans la liste des sens.
Et certains récepteurs ne se contentent pas d’une seule tâche. Les rétines, par exemple, ne servent pas uniquement à traiter les ondes lumineuses utiles à la vision. Certaines de leurs cellules informent aussi le cerveau du fait qu’il fait jour ou nuit.
Ce sens sans nom, lié à l’alternance jour/nuit, joue un rôle de base dans les rythmes circadiens. Il influence le métabolisme ainsi que le cycle sommeil-éveil. Bref, compter les sens n’a rien d’un exercice figé. Plus on regarde de près, plus le corps apparaît comme un système de perception bien plus vaste que la liste apprise à l’école.