Ces articulations qui craquent ne disent pas toujours ce que l’on croit

Un genou, une nuque, des doigts qui craquent: le bruit impressionne, pas forcément le risque. Une kinésithérapeute explique quand il faut vraiment s’inquiéter.

Kinésithérapeute examinant un genou
Image d'illustration. Une kiné explique les craquements articulaires. — ADN

En bref

  • Un craquement sans douleur n’indique pas forcément un problème
  • Le bruit vient souvent d’un changement de pression
  • Anatomie, âge et habitudes jouent aussi

Un craquement articulaire n’est pas automatiquement le signe d’une usure ou d’une blessure. C’est le point central rappelé par la kinésithérapeute Inés Jiménez, qui insiste sur un critère simple pour le lecteur: si le bruit n’est accompagné ni de douleur ni de gêne, il n’y a pas forcément matière à s’alarmer.

Le bruit ne veut pas dire blessure

On connaît tous ce petit « crac » qui surgit en changeant de position, en tendant une jambe, en bougeant la nuque ou la cheville. Le son peut revenir souvent chez certaines personnes, presque jamais chez d’autres. Mais, selon Inés Jiménez, des craquements sont tout à fait fréquents dans des articulations saines.

Elle résume la situation ainsi: « Bien sûr que ce n’est pas mauvais, les craquements sont normaux et assez fréquents dans des articulations saines. Cela devient préoccupant seulement s’ils s’accompagnent de douleur ou d’une gêne ». En clair, un bruit isolé ne doit pas être interprété comme une lésion.

Ce qui se passe vraiment dans l’articulation

Derrière ce son, il n’y a pas un seul mécanisme. Dans les articulations synoviales, celles qui contiennent du liquide synovial, le mouvement modifie la pression à l’intérieur. Inés Jiménez explique que le craquement correspond souvent à une cavitation, autrement dit un phénomène lié à cette variation de pression dans l’articulation.

Parfois, la cause est différente. Un ligament peut aussi se déplacer puis revenir à sa position initiale, ce qui produit également un bruit. C’est pour cela qu’un craquement des doigts, des genoux, du cou ou des chevilles n’a pas toujours la même origine.

Pourquoi certains craquent plus que d’autres

Tout le monde n’a pas la même fréquence de craquements, et ce n’est pas très surprenant. L’experte cite plusieurs facteurs: l’anatomie, la mobilité, la génétique, l’âge ou encore certaines habitudes répétées.

Avec les années, ces sons peuvent aussi changer. Les cartilages se dégradent, les tendons et les ligaments perdent en élasticité, la morphologie des articulations peut évoluer, et la qualité du muscle aussi. Bref, l’âge compte, mais il ne fait pas tout.

Quand on cherche soi-même le « crac »

Il y a enfin les craquements provoqués volontairement, par exemple quand on fait craquer sa nuque ou ses doigts parce qu’on sait exactement quel mouvement déclenche le son. Là encore, le fait que le geste soit volontaire ne le rend pas automatiquement plus nocif.

Selon Inés Jiménez, dans ce cas, on amène l’articulation vers une position qui modifie rapidement la pression à l’intérieur de la capsule. À l’inverse, un craquement spontané peut venir d’une cavitation, d’un tendon, d’un ligament ou d’autres structures articulaires. Ce qui compte, pour vous, reste le même repère: le bruit seul dit peu, la douleur dit beaucoup plus.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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