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Prostitution, orgies : les prescriptions d’un psychothérapeute devant la justice

Actualité > Justice
Par Jérôme Nelra,  publié le 21 octobre 2015 à 16h18.

Mercredi à Albertville s'ouvre le procès d'une homme auto-proclamé psychothérapeute qui prescrivait des choses bien étranges à ses patients. Il est poursuivi pour abus de faiblesse.

Jacques Masset, âgé de 70 ans, est poursuivi pour abus de faiblesse sur des personnes « en état de sujétion psychologique ». Sans diplôme, l’auto-proclamé psychothérapeute a pendant de nombreuses années réussi à faire croire à ses patients qu’ils avaient subi des sévices sexuels durant leur enfance. Et leur prescrivait toute une panoplie d’orgies, de séances sadomasochistes. Le tout en-dehors du couple et dans le cadre de rapports non-protégés.

La majorité des victimes n’a pas osé se porter partie civile

Si l’instruction de cette affaire, dont le procès débutera mercredi à Albertville (Savoie) a dénombré quelque 72 victimes, seule une vingtaine a eu le courage de se constituer partie civile. Me Roselyne Duvuoldy, l’une des avocates, évoque même que « Pour certains patients, ça a dérivé en torture ». Au quotidien Le Parisien, elle affirme même qu’une des victimes « devait coucher avec dix hommes chaque jour ».

Son cabinet, il l’ouvre à Ugine dans les années 1990 alors qu’il est agent d’entretien à Annecy, profitant d’un vide juridique entourant cette profession. Au fil des ans, il se forge une solide clientèle.

Jacques Masser reconnaît les faits, mais ne comprend pas ce qui lui est reproché

« Il prétendait que ces séances, auxquelles il participait parfois, les empêcheraient de tomber dans la prostitution. Il a également induit de faux souvenirs d’inceste chez ses victimes, provoquant des dommages collatéraux dans les familles concernées par ces fausses allégations ». Ces propos sont tenus par un porte-parole de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (Unadfi), qui a joué un rôle certain dans la tenue de ce procès.

Quant au prévenu, s’il reconnaît les faits, il est selon lui irréprochable au niveau pénal. Me Joly, son avocat, affirme même que « certains patients ont été satisfaits de la thérapie ». Le procès pourrait, à la demande de certains plaignants, se tenir à huis clos.

Le Récap
  • La majorité des victimes n’a pas osé se porter partie civile
  • Jacques Masser reconnaît les faits, mais ne comprend pas ce qui lui est reproché
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