En bref
- Le texte agricole a passé l’Assemblée
- Deux pesticides pourraient revenir par dérogation
- Le sujet fissure le gouvernement
Le vote des députés remet les pesticides au centre du débat politique. Adoptée à l’Assemblée nationale, la loi d’urgence agricole n’attend plus qu’un vote conforme du Sénat, annoncé mardi en fin de journée, pour boucler son parcours au Parlement.
Sur France Inter, Annie Genevard a dit sa très grande satisfaction après ce vote. La ministre de l’Agriculture estime que les députés ont rendu service à l’agriculture française. Elle défend un texte élaboré, selon elle, dans le sillage des mobilisations agricoles du début d’année et travaillé avec les agriculteurs pour les protéger face à une concurrence jugée déloyale.
Un texte presque au bout de son parcours
Ce point-là compte, parce que le reste du texte passe plus en retrait. Ce qui concentre l’attention, c’est une mesure précise, celle qui permettrait à l’Anses de réintroduire, à titre dérogatoire et sous conditions, deux substances interdites en France mais autorisées dans l’Union européenne.
Deux molécules qui concentrent la contestation
Les deux molécules en cause sont l’acétamipride et le flupyradifurone. Elles pourraient être à nouveau utilisées pour quelques filières en difficulté, pas de façon générale.
Annie Genevard insiste d’ailleurs sur ce cadre. Elle affirme que l’acétamipride n’est pas rétabli automatiquement dans la loi. La décision reviendrait à l’Anses, seulement s’il n’existe pas d’incidence sur la santé humaine ni sur l’environnement, s’il y a une situation d’urgence, s’il n’existe pas d’alternative, et pour une durée limitée sur une seule filière, avec un usage très mesuré sur le plan parcellaire.
La loi d'urgence agricole a été votée par les députés dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet. Invitée de Simon Le Baron, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard l’assure : "Ce texte ne réintroduit pas l’acétamipride", un pesticide que plusieurs études pointent du doigt… pic.twitter.com/inTh7x5nLa
— France Inter (@franceinter) July 21, 2026
La majorité secouée par le dossier
Mais le dossier déborde largement la seule technique réglementaire. Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait déjà le retour de l’acétamipride avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel, le sujet est revenu en plein dans la majorité.
Lundi, des députés du camp gouvernemental ont proposé à l’exécutif de retirer cette disposition par amendement. Le gouvernement a refusé. Résultat, des tensions sont apparues dans son propre camp.
La menace d’une crise au gouvernement
Le désaccord traverse aussi le gouvernement. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, est personnellement opposée à la réintroduction de l’acétamipride.
Selon son entourage, l’hypothèse d’une démission reste sur la table si le texte est adopté définitivement avec cette possibilité de dérogation. Interrogée sur ce point, Annie Genevard a répondu qu’elle n’avait aucune confirmation de cette rumeur ou de cette hypothèse. Elle a aussi rappelé avoir travaillé avec Monique Barbut sur la version initiale du texte. Le vote du Sénat, cette fois, dira si la séquence s’arrête là ou si elle ne fait que commencer.