En bref
- La HAS vise plusieurs catégories de soignants
- Les Ehpad seraient prioritaires
- Un décret reste indispensable
Les professionnels de santé, les étudiants des filières médicales et paramédicales, ainsi que certains salariés d’établissements médico-sociaux pourraient être concernés par une obligation vaccinale contre la grippe. La recommandation a été formulée lundi 20 juillet par la Haute Autorité de santé, mais elle ne peut pas s’appliquer sans décret.
Qui entrerait dans le champ de l’obligation
Dans le détail, la HAS vise tous les professionnels de santé, qu’ils soient salariés ou libéraux. Elle ajoute les étudiants des filières médicales et paramédicales, ainsi que les personnels d’établissements médico-sociaux en contact avec des personnes âgées, notamment pour les soins d’hygiène ou l’aide quotidienne.
Le point important, c’est que la mesure n’est pas encore en vigueur. Le gouvernement devra préciser les modalités exactes et la liste définitive des personnels concernés.
Pourquoi la HAS pousse ce dossier maintenant
L’autorité sanitaire justifie cette position par le poids de la maladie et par le risque de transmission vers les patients ou résidents les plus fragiles. Elle met en avant l’ampleur du fardeau sanitaire et des données plus récentes sur des transmissions jugées particulièrement élevées en gériatrie.
La saison grippale 2025-2026 a provoqué 12 700 morts, après 17 900 décès un an plus tôt. La grippe représente aussi un coût estimé entre un et deux milliards d’euros, avec des effets connus sur les hôpitaux, les arrêts maladie des soignants, les hospitalisations et les déprogrammations d’opérations.
Une mise en place pensée par étapes
La HAS ne propose pas une application uniforme partout. Elle veut d’abord un déploiement prioritaire dans les Ehpad et les unités de soins de longue durée, où les contacts entre soignants et résidents âgés sont étroits et répétés.
Pour les hôpitaux, les autres structures accueillant des personnes âgées et les activités libérales, l’instance recommande une montée en charge progressive sur deux ans, renouvelable une année de plus, avec concertation.
Des soutiens, mais aussi de fortes réserves sur le terrain
Sur le terrain, l’idée ne fait pas consensus. Ghislaine Sicre, présidente de Convergence infirmière, se dit personnellement favorable, mais redoute des refus, surtout en outre-mer, où la défiance envers l’État est forte. Elle craint aussi qu’une obligation supplémentaire pèse sur des équipes déjà épuisées.
À l’inverse, Daniel Guillerm, président de la FNI, défend une vaccination indispensable pour la santé publique. Thierry Amouroux, du SNPI, souligne aussi qu’il ne s’agit pas d’un vaccin nouveau, contrairement à la période du Covid-19. La FHF estime, elle, que la recommandation va dans le bon sens pour protéger les publics fragiles.
L’AD-PA anticipe pourtant des difficultés de mise en œuvre, un risque de tensions sociales et un possible frein à l’attractivité des métiers.
Ce que dit déjà le droit et ce qui ne changerait pas
La dernière loi de financement de la Sécurité sociale, votée en décembre, prévoit déjà une obligation vaccinale pour les soignants libéraux, sous réserve d’un avis de la HAS. Une obligation existait aussi en 2006 pour les soignants, y compris à l’hôpital et en Ehpad, avant d’être suspendue par décret.
Autre point, les particuliers ne sont pas visés. Pour les 65 ans et plus vivant en collectivité, la simple recommandation est maintenue. Leur couverture vaccinale atteint déjà 82,7 %, au-dessus du seuil de 75 % retenu par l’OMS. Chez les soignants en établissement, elle plafonne à un sur cinq, avec 56,3 % chez les médecins, 34,2 % chez les infirmiers et 19,3 % chez les aides-soignants.