L’U2P accuse les stations-service d’exploiter les Français avec des prix dépassant 2 euros le litre

Image d'illustration. Main tenant une poignée de pompe à carburantADN
Alors que le prix du litre d’essence franchit la barre des 2 euros dans de nombreuses stations, l’Union des entreprises de proximité (U2P) accuse les distributeurs de profiter de la situation au détriment des consommateurs français.
Tl;dr
- Vive hausse des prix des carburants dénoncée par l’U2P.
- Gouvernement intensifie les contrôles contre les hausses abusives.
- Aucune pénurie prévue, mais inquiétudes persistantes.
Carburants : une flambée des prix sous surveillance
Au cœur de l’actualité, la hausse brutale des prix à la pompe continue de susciter l’émoi parmi les automobilistes et d’attirer l’attention des autorités. Depuis le 27 février, date marquée par la montée des tensions géopolitiques après les frappes israélo-américaines sur l’Iran, le prix du gazole, le carburant le plus utilisé en France, a bondi de 28 centimes par litre.
Ce niveau, inédit depuis juillet 2022, porte la hausse à près de 16 % en seulement deux semaines. Un seuil symbolique a ainsi été franchi lundi dernier avec un tarif dépassant les 2 euros le litre dans l’Hexagone.
L’U2P pointe du doigt les distributeurs
Face à cette envolée, Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), n’a pas mâché ses mots sur RTL mardi 10 mars. Selon lui, certains distributeurs « prennent les Français pour des dindons » en répercutant immédiatement la hausse sur les consommateurs.
Il affirme que « personne n’était contraint d’augmenter » aussi rapidement et demande au gouvernement d’agir fermement contre ces pratiques. Une requête déjà portée jeudi lors d’une réunion avec le ministère de l’Économie à Bercy.
Le gouvernement renforce sa vigilance
Du côté du gouvernement, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a déclaré sur TF1 que près de 6 % des stations-service contrôlées jusqu’à présent allaient faire l’objet de sanctions dans le cadre du plan gouvernemental contre les hausses abusives. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) multiplie ainsi les contrôles : il s’agit surtout d’éviter que certains professionnels affichent en ligne un prix bien inférieur à celui réellement appliqué en station – une pratique qualifiée « d’inacceptable » par le ministre.
Voici ce qui a été mis en avant lors des contrôles :
- Affichage trompeur des prix entre site web et pompe.
- Sensibilité accrue face aux variations internationales du marché.
Pour autant, le prix à la pompe reste libre : seule « la concurrence est juge de paix pour l’instant », rappelle Serge Papin.
Aides incertaines et risques limités selon l’exécutif
Malgré la pression politique croissante pour instaurer un nouveau dispositif d’aide à destination des ménages, Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, tempère : « Il est trop tôt pour parler de nouvelles aides ». Enfin, le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin, tout en reconnaissant quelques excès isolés chez certains distributeurs – qu’il qualifie de « brebis galeuses » –, insiste : aucune menace réelle sur l’approvisionnement n’est envisagée pour le moment.
Ainsi, alors que la vigilance reste de mise, ni panique ni mesures exceptionnelles immédiates ne semblent à ce stade envisagées par les pouvoirs publics.