Carburants : des stations à sec et un gazole frôlant 2,50 € – quelles perspectives cette semaine ?

Image d'illustration. Vue large de pompes à essence dans une station service urbaineADN
La situation se tend dans les stations-service où les ruptures de carburant se multiplient, alors que le gazole franchit en moyenne la barre des 2,50 euros le litre. Les automobilistes doivent s’attendre à une semaine difficile sur le front des prix et de l’approvisionnement.
Tl;dr
- Hausse continue des prix des carburants attendue.
- Pénurie touchant jusqu’à 20 % des stations-service.
- De potentielles aides gouvernementales annoncées prochainement.
Pénurie de carburant : une crise qui s’installe
En ce début avril, la tension ne faiblit pas autour des carburants en France. Ce lundi, d’après le site prix-carburant.eu, plus de 2 000 stations-service, soit près de 19 % du réseau national, affichent déjà une rupture partielle ou totale, principalement sur le gazole. Une réalité qui frappe surtout certains réseaux, mais qui commence à se faire sentir partout.
TotalEnergies sous pression, la ruée accentue la pénurie
La situation serait particulièrement tendue dans les stations du groupe TotalEnergies. La stratégie du plafonnement tarifaire décidée par l’entreprise – la seule à pouvoir le faire selon Frédéric Plan, délégué général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage – attire logiquement les automobilistes soucieux d’économies. « Donc les automobilistes y vont, observe-t-il, et en faisant cela, les cuves se vident beaucoup plus vite ; les réapprovisionnements le week-end de Pâques ne sont quasi pas possible et il est donc normal que ce réseau-là tombe en panne sèche de plus en plus. » Résultat : un effet d’entonnoir où l’attractivité du prix accélère les ruptures locales.
Aucune accalmie sur les prix à prévoir
Côté tarif, l’espoir d’une détente paraît mince. La récente flambée du coût des produits pétroliers raffinés pousse Frédéric Plan à avertir : « Il ne faut pas s’attendre à une baisse des prix pour demain ou après-demain ». La dynamique reste orientée vers la hausse, laissant peu d’illusions aux automobilistes. Seule possibilité pour ceux pris au dépourvu dans une station à sec : se tourner vers un autre réseau… où le litre sera inévitablement facturé au tarif du marché.
L’État appelé à intervenir face à la grogne montante
Face à cette situation tendue pour nombre d’usagers, les pouvoirs publics n’excluent pas d’agir rapidement. Après plusieurs mesures ciblées ces derniers mois en faveur des professionnels impactés par cette hausse des coûts, l’exécutif réfléchit désormais à de nouvelles aides gouvernementales. Toutefois – nuance importante rappelée par le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel –, toute annonce supplémentaire devrait s’accompagner de contreparties strictes.
Reste à savoir si ces dispositifs suffiront à atténuer la crispation et soutenir un secteur déjà fragilisé par la volatilité persistante des cours mondiaux du pétrole.