Excédés par les aides carburant jugées trop maigres, agriculteurs et routiers intensifient leur mobilisation

Image d'illustration. Embouteillage sur l autoroute de parisADN
Face à la colère grandissante provoquée par les mesures jugées insuffisantes sur les carburants, agriculteurs et transporteurs renforcent leurs blocages et mobilisations, estimant que les réponses du gouvernement ne répondent pas à la gravité de leur situation.
Tl;dr
- Aides gouvernementales jugées insuffisantes par les professionnels.
- Mobilisations et opérations escargot sur le périphérique parisien.
- Les prix des carburants poursuivent leur hausse en 2026.
chUne mobilisation persistante face à la flambée du carburant
Sur le périphérique parisien, l’ambiance était tendue ce lundi 30 mars 2026. Plusieurs dizaines de camions et cars de tourisme ont délibérément ralenti la circulation dès 10 heures, répondant à l’appel de l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre).
L’objectif ? Exprimer un ras-le-bol que partagent aujourd’hui de nombreux acteurs du secteur, des transporteurs aux agriculteurs, tous confrontés à une nouvelle flambée des prix à la pompe. Un plan d’environ 70 millions d’euros, annoncé par le gouvernement, n’a pas suffi à calmer la colère.
Des aides jugées largement insuffisantes
Pour de nombreux professionnels, le compte n’y est pas. Du côté des transporteurs, une enveloppe de près de 50 millions d’euros doit être débloquée en avril : chaque entreprise éligible recevra l’équivalent de vingt centimes par litre de carburant. Mais le geste est jugé trop faible.
Du côté agricole, la grogne ne faiblit pas non plus. En avril, les agriculteurs bénéficieront d’une exonération sur le gazole non routier (GNR) estimée à quatre centimes par litre, soit un total d’environ 14 millions d’euros. Luc Smessaert, vice-président de la puissante FNSEA, dénonce : « C’est des miettes… après une hausse de plus de 60 centimes par litre ! »
L’exécutif sur la défensive et appels à l’action
Alors que les prix du gazole continuent leur progression – jusqu’à 2,23 euros le litre, contre 1,72 euro fin février selon les données officielles – les professionnels redoutent une vague de faillites ou de nouvelles manifestations. D’ailleurs, une autre opération escargot se profile dans la Marne ce mardi : une soixantaine de camions annoncés sous la bannière de la Fédération nationale des Transporteurs (FNTR).
En réponse aux critiques, le ministre des Transports Philippe Tabarot évoque une possible reconduction des aides si la situation ne s’améliore pas au printemps. Mais il écarte toute comparaison avec le plan massif post-Ukraine – « situation budgétaire différente aujourd’hui… ». Le ministre de l’Économie Roland Lescure, lui, défend une aide ciblée plutôt qu’une baisse généralisée des taxes qui composent plus de 50% du prix du carburant.
Sous tension, toute la chaîne agroalimentaire s’inquiète
Si le malaise gagne les transporteurs et agriculteurs, il s’étend désormais aux industriels et distributeurs. Thierry Cotillard (Mousquetaires/Intermarché) alerte déjà sur un risque : «L’inflation pourrait bientôt frapper toute la filière alimentaire… »
À mesure que les manifestations se multiplient et que l’exécutif tente d’ajuster sa réponse budgétaire sans céder totalement à la pression fiscale, chacun guette désormais les prochaines mesures – ou les prochaines actions sur le terrain.