Les agriculteurs réclament un soutien de 30 centimes par litre sur le carburant

Image d'illustration. Agriculture champ tracteurADN
Face à la flambée persistante des prix du carburant, le secteur agricole tire la sonnette d’alarme et sollicite un soutien financier de 30 centimes par litre pour alléger la pression sur les exploitations déjà fragilisées par l’inflation.
Tl;dr
- Prix du gazole en forte hausse, aides jugées insuffisantes.
- Tensions au congrès de la FNSEA à Caen.
- Le gouvernement promet d’adapter son soutien si nécessaire.
Vague de mécontentement à Caen
La tension était palpable ce jeudi au parc des expositions de Caen, où des centaines d’adhérents de la puissante FNSEA se sont rassemblés pour leur congrès annuel. Les pancartes « GNR » brandies dans les gradins, les sifflements nourris et le bruit des pieds frappant le sol ont témoigné d’une colère qui ne faiblit pas parmi les agriculteurs. Lorsque Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, s’est avancée pour prononcer son discours, elle a trouvé face à elle un public tendu et peu enclin à la patience.
L’inquiétude grandit chez les agriculteurs
Si la ministre était attendue avec une annonce forte sur le dossier brûlant du gazole non routier (GNR), rien n’est venu rassurer la profession, malgré les demandes répétées d’une aide directe de « 30 centimes par litre ». Or, depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, le coût du gazole – carburant central pour les tracteurs au printemps – a doublé. Ce bouleversement frappe durement des exploitations déjà fragilisées, dont « les trésoreries exsangues ne permettent pas d’acheter des engrais ou du gazole », observe avec gravité Benoît Piétrement, président de l’interprofession des céréales. D’après lui, l’impact sur les prochains semis et récoltes risque fort d’être significatif.
Soutien gouvernemental : des mesures jugées insuffisantes
Un peu plus tôt dans la semaine, l’espoir était né lors d’une réunion à Matignon, où le président de la FNSEA Arnaud Rousseau rapportait que le Premier ministre Sébastien Lecornu se disait prêt à aller « plus loin si la guerre devait se poursuivre ». Pourtant, l’aide annoncée de 4 centimes par litre reste largement perçue comme « pas à la hauteur ». Face aux attentes croissantes, la ministre a souligné que le budget 2026 prévoit déjà 1,3 milliard d’euros pour limiter les taxes sur le GNR.
Voici quelques pistes avancées pour tenter d’amortir le choc :
- Aide nationale limitée : aide de 4 centimes par litre jugée insuffisante.
- Soutien européen sollicité : demande auprès de Bruxelles pour débloquer « 100 millions d’euros ».
L’Europe sollicitée… mais peu réceptive
Pour compléter cette action nationale, Annie Genevard a évoqué sa demande adressée à Bruxelles afin d’obtenir une enveloppe exceptionnelle via la réserve de crise communautaire. Toutefois, elle déplore que « la Commission reste jusqu’ici indifférente à nos relances ». En attendant une éventuelle évolution géopolitique ou un geste plus significatif du gouvernement français comme européen, nombre d’agriculteurs repartent avec leurs inquiétudes sous le bras et un sentiment persistant que leur détresse est encore sous-estimée.